VANNIER




Le métier de vannier en France à la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle) était un artisanat profondément enraciné dans les traditions rurales et urbaines, à la croisée de l’utilitaire et de l’esthétique. Voici un aperçu de son histoire et de son évolution à cette période :
Depuis le Moyen Âge : Les vanniers fabriquaient des objets en fibres végétales (osier, rotin, paille, etc.) comme des paniers, des vans, des corbeilles et des chaises. Le métier était marginal mais essentiel.
Corporation officielle :
En 1467, Louis XI crée la bannière des vanniers et lanterniers, leur donnant des statuts et une reconnaissance officielle. Cela marque le début d’une organisation professionnelle avec apprentissage et maîtrise.L’âge d’or à la Belle Époque
Explosion de la demande : Au XVIIIe siècle et jusqu’à la Belle Époque, les objets en vannerie étaient omniprésents dans les foyers, les commerces et les transports. On comptait jusqu’à 380 maîtres vanniers à Paris au XVIIIe siècle.
Différenciation des styles :
Mandrerie : ouvrages en osier blanc et vert.
Faisserie : vannerie ajourée.
Clôture : objets robustes et soignés, demandant une expertise poussée.
École nationale : En 1905, l’École nationale d’Osiériculture et de Vannerie ouvre à Fayl-Billot (Haute-Marne), qui devient la capitale française de la vannerie.
Les vanniers travaillaient souvent accroupis, utilisant des outils simples : sécateur, serpette, poinçon, marteau.
Le tressage demandait une grande dextérité manuelle et une connaissance fine des matériaux végétaux .
L’apprentissage se faisait souvent de père en fils, dans un cadre familial et artisanal.
Industrialisation : L’arrivée du plastique et des procédés industriels a marginalisé la vannerie traditionnelle.
Diminution des effectifs : En 1950, on comptait encore 15 000 vanniers en France. Aujourd’hui, ils ne sont plus qu’une centaine.

Le scandale du panier d’amour – Paris, 1903
À Montmartre, quartier bohème de Paris, vivait un vannier du nom d’Arsène Lemoine. Artisan reconnu pour ses paniers délicatement tressés, il fournissait les marchés, les fleuristes… et les dames de la haute société. Mais Arsène avait un talent bien particulier : il confectionnait des paniers secrets, dissimulant des compartiments invisibles à l’œil nu.
Un jour, la comtesse de Villeneuve, grande habituée des bals et des escapades galantes, passa commande d’un panier “à double fond”. Elle y cachait ses lettres d’amour, ses flacons de parfum interdit… et parfois même des bijoux subtilisés à son mari. Arsène, discret mais amusé, devint complice involontaire de ses aventures.
Mais voilà qu’un soir, lors d’un bal au Moulin Rouge, le panier s’ouvre accidentellement. Les lettres tombent, révélant une liaison torride avec un célèbre ténor de l’Opéra Garnier. Le scandale éclate dans les salons parisiens. La presse s’empare de l’affaire, surnommant l’objet “le panier d’amour”.
Arsène, loin d’être inquiété, voit sa renommée exploser. Les commandes affluent : des paniers pour cacher des flacons d’absinthe, des billets de loterie, des messages codés… Il devient le vannier des secrets, et son atelier ne désemplit plus.