VIITRIER


Contexte architectural et social
Urbanisation rapide : Les villes françaises s’agrandissent, les immeubles haussmanniens se multiplient, et les vitrines de magasins deviennent omniprésentes.
Esthétique et lumière : Le verre devient un symbole de modernité, de transparence et d’élégance. Les intérieurs bourgeois valorisent les grandes fenêtres et les miroirs.
Techniques modernisées : Grâce à l’industrialisation, le verre est désormais produit en grandes plaques standardisées (verre coulé, verre flotté), facilitant la pose.
Spécialisation croissante : Le vitrier ne se contente plus de poser des vitres ; il devient aussi miroitier, façonnant des vitrines, des verrières, et parfois des éléments décoratifs comme les vitraux.
Travail itinérant : Certains vitriers parcourent les campagnes avec leur carriole, criant « Vitrier ! » pour proposer leurs services de village en village.
Corporations et confréries : Bien que les anciennes corporations aient été dissoutes à la Révolution, des traditions subsistent. Les vitriers parisiens, par exemple, avaient dédié leur confrérie à Saint Marc dès le XVe siècle.
Conditions de travail :
À la Belle Époque, les vitriers travaillent dans des conditions souvent difficiles, avec des salaires modestes. Le métier reste manuel, exigeant précision et endurance.
Influence artistique
Art nouveau : Le vitrier collabore parfois avec des artistes pour créer des vitraux et des verrières décoratives, typiques du style Art nouveau (pense à Hector Guimard ou aux galeries couvertes parisiennes).
Vitrines commerciales :
L’essor du commerce pousse à la création de vitrines spectaculaires, où le vitrier joue un rôle clé dans la mise en scène des produits.

Dans le quartier animé du Marais, un vitrier du nom d’Arsène Lemoine était réputé pour ses talents… et son charme. Il installait des vitrines somptueuses pour les grands magasins, mais son petit plaisir était de travailler chez les particuliers, surtout les dames de la haute société.
Un jour, il fut appelé par la baronne de Saint-Aulaire pour remplacer un miroir brisé dans son boudoir. En inspectant les lieux, Arsène remarqua que le miroir donnait sur une pièce secrète, dissimulée derrière une cloison mobile. Curieux, il fit mine de travailler lentement, et découvrit que la pièce cachée abritait… un studio de photographie très intime, où la baronne posait dans des tenues audacieuses pour un artiste bohème.
Le vitrier, pris entre l’envie de raconter cette découverte et le risque de perdre sa clientèle aristocratique, garda le secret… jusqu’à ce qu’un cliché compromettant apparaisse dans une vitrine du boulevard Montmartre, encadré dans un miroir signé “Lemoine & Fils”. Coïncidence Provocation Personne ne sut jamais.
Mais Arsène gagna en notoriété, et les commandes affluèrent. On disait que ses miroirs révélaient plus que des reflets…