VETERINAIRE




Origines et fondation du métier
Claude Bourgelat, écuyer du roi et passionné d’anatomie équine, est considéré comme le père de la médecine vétérinaire moderne.
Il fonde en 1761 la première école vétérinaire du monde à Lyon, suivie en 1765 par celle d’Alfort, près de Paris
Ces écoles visent à lutter contre les épizooties (épidémies animales) qui ravagent le bétail, notamment les chevaux, essentiels à l’armée et à l’agriculture.
Le décret de 1813 distingue les médecins vétérinaires (formés à Alfort) des maréchaux vétérinaires (formés à Lyon), selon le niveau de formation.
En 1825, une ordonnance unifie les titres et impose quatre années d’études pour obtenir le diplôme de vétérinaire.
Le métier gagne en prestige, notamment grâce à son rôle dans la santé publique et la sécurité alimentaire.
À la fin du XIXe siècle, les vétérinaires s’imposent face aux guérisseurs et maréchaux-ferrants traditionnels.
Ils participent activement à la lutte contre les maladies animales, à l’amélioration des races, et à la surveillance sanitaire des abattoirs.
En 1897, Marie Kapsevitch devient la première femme diplômée vétérinaire en France, marquant une ouverture sociale du métier
Diversification des soins
Bien que centrée sur les chevaux militaires et de trait, la médecine vétérinaire commence à s’intéresser aux animaux d’élevage et, plus tard, aux animaux de compagnie.
Les vétérinaires s’installent progressivement en ville, amorçant une mutation vers une médecine plus proche des foyers.

Le cheval du baron et le vétérinaire rusé
Dans les années 1890, un vétérinaire réputé du quartier de Passy, à Paris, nommé Dr. Léon Dufresne, était souvent sollicité par la haute société pour soigner leurs animaux de compagnie mais aussi leurs chevaux de course, véritables symboles de prestige.
Un jour, le baron de V., personnage excentrique et très influent, convoqua le Dr. Dufresne en urgence : son pur-sang favori, "Napoléon III", refusait de manger et semblait abattu. Le baron, convaincu que son cheval souffrait d’un mal mystérieux, exigea un traitement "moderne et révolutionnaire".
Après examen, le vétérinaire diagnostiqua… une simple indigestion due à un excès de macarons Ladurée, que le baron lui donnait en guise de récompense. Pour ne pas froisser l’ego du noble, le Dr. Dufresne inventa un nom savant : syndrome de surcharge glycémique équine, et prescrivit un "élixir digestif" en réalité, une décoction de foin et de camomille.
Le cheval guérit en deux jours. Le baron, émerveillé, fit publier un article dans Le Figaro vantant les mérites de la médecine vétérinaire moderne. Le Dr. Dufresne devint la coqueluche des salons parisiens… tout en gardant pour lui le secret de son "élixir miracle".