VERDURIERE


Le métier de verdurier ou verdurie`re à la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle) était un maillon essentiel de la chaîne alimentaire urbaine, notamment dans les grandes villes comme Paris. Voici un aperçu historique de cette profession souvent méconnue :
Le terme désigne un(e) marchand(e) de légumes et de fruits, souvent installé(e) sur les marchés ou dans une petite échoppe.
À Paris, on les trouvait dans les halles centrales ou sur les marchés de quartier, vendant des produits frais issus des campagnes environnantes.
Cette période est marquée par une croissance économique, une urbanisation rapide et une amélioration du niveau de vie moyen .
La demande pour des produits frais augmente, notamment chez les classes moyennes et bourgeoises qui adoptent une alimentation plus variée.
Les verduriers jouent un rôle crucial dans la distribution des produits agricoles à une population urbaine en expansion.
Les légumes et fruits provenaient des zones maraîchères autour de Paris, comme Montreuil, Gennevilliers ou encore les bords de la Seine.
Le transport se faisait par charrettes, puis progressivement par camions ou trains, avec l’essor des infrastructures ferroviaires.
Le métier de verdurière était souvent exercé par des femmes, parfois veuves ou épouses de maraîchers, qui géraient leur propre étal.
Elles étaient connues pour leur bagou, leur sens du commerce, et leur présence colorée sur les marchés.
Métier modeste mais indépendant, souvent exercé dans des conditions difficiles : horaires très matinaux, travail en extérieur, forte concurrence.
Les verduriers n’étaient pas toujours bien considérés par les élites, mais ils formaient une communauté soudée et essentielle à la vie urbaine.

La verdurière et le melon diplomatique
À la fin du XIXe siècle, sur le marché des Halles à Paris, régnait une verdurière nommée Clémence, surnommée « la duchesse du chou-fleur ». Connue pour son verbe haut et ses étals impeccables, elle avait un talent particulier pour vendre ses légumes aux bourgeois comme aux cochers. Mais un jour, elle se retrouva mêlée à une affaire… internationale.
Un matin d’été, un homme élégant, à l’accent indéfinissable, s’approcha de son stand et demanda un melon « d’une qualité exceptionnelle, pour un dîner diplomatique ». Clémence, flairant l’occasion, lui vendit un melon à prix d’or, prétendant qu’il venait « tout droit du jardin secret du président Félix Faure ». L’homme, impressionné, acheta le fruit sans discuter.
Le soir même, le melon fut servi à l’ambassade d’Autriche lors d’un dîner officiel. Mais catastrophe : le melon était fade, presque farineux. L’ambassadeur, vexé, crut à une insulte française. Le lendemain, un article dans Le Petit Journal évoquait « un melon qui faillit déclencher une crise diplomatique ».
Clémence, convoquée par la police, déclara sans sourciller :
« J’ai dit qu’il venait du jardin du président, pas qu’il était bon. Même les présidents ont des ratés. »
L’affaire fit grand bruit, mais Clémence devint une célébrité locale. On venait de tout Paris pour acheter ses légumes, espérant croiser « la femme qui avait presque déclenché une guerre avec un melon ».