VENDEUR DE SUIF


Qu’est-ce que le suif
Le suif est une graisse animale, généralement issue du bœuf ou du mouton, utilisée principalement pour :
Fabriquer des bougies (avant l’avènement de l’électricité)
Produire du savon
Lubrifier les machines ou les outils
Préparer certains produits pharmaceutiques ou cosmétiques
À la Belle Époque, le vendeur de suif pouvait être :
Un récupérateur de déchets animaux dans les abattoirs ou chez les bouchers
Un marchand ambulant qui vendait du suif aux ménagères, artisans ou fabricants de chandelles
Un fournisseur pour les industries locales, notamment les savonneries ou les ateliers mécaniques
Ce métier, souvent associé aux classes populaires, était essentiel dans une société encore très dépendante des produits issus de l’animal. Il s’inscrivait dans une économie de la récupération, où rien ne se perdait.
Contexte social et économique durant la Belle Époque :
La France connaissait une croissance économique et une modernisation rapide, mais les campagnes et les quartiers populaires restaient attachés à des pratiques anciennes.
L’électricité commençait à se répandre, mais les bougies en suif restaient courantes dans les foyers modestes.
Les vendeurs de suif faisaient partie de cette mosaïque de petits métiers qui peuplaient les rues de Paris, Lyon ou Rouen, aux côtés des chiffonniers, des marchands de charbon ou des porteurs d’eau.
Même si ce n’est pas un vendeur, le personnage de Boule de Suif dans la nouvelle de Guy de Maupassant (1880) évoque indirectement le suif par son surnom, lié à son embonpoint et à son statut social marginal. Elle incarne une femme méprisée mais courageuse, dans un contexte de guerre et de hypocrisie bourgeoise.
Ce métier a disparu avec l’arrivée de l’électricité, des savons industriels et de la modernisation des chaînes de production. Mais il reste un témoin précieux de la vie quotidienne à une époque où chaque ressource comptait.
Tu veux qu’on explore d’autres métiers oubliés de la Belle Époque Il y en a des fascinants comme les allumeurs de réverbères ou les porteurs de pain…

Le suif, l’or gras de la Belle Époque
À cette époque, le suif graisse animale fondue était un ingrédient essentiel pour fabriquer des bougies, du savon, et même des pommades. Les vendeurs de suif, souvent issus des quartiers populaires, faisaient commerce dans les marchés de Paris, notamment aux Halles ou à la Villette.
Mais voici l’histoire d’un vendeur de suif devenu malgré lui héros d’un scandale mondain…
Vers 1895, un certain Alphonse B., marchand de suif à Montmartre, eut l’idée de parfumer son suif avec de l’essence de lavande pour séduire une clientèle plus bourgeoise. Il le vendait comme “suif raffiné pour dames délicates”, prétendant qu’il était idéal pour les bougies de salon et les soins capillaires.
Le hic ? Ce suif parfumé était en réalité mélangé avec des restes de graisse de cheval récupérés clandestinement dans les abattoirs de la Villette. Résultat : plusieurs clientes de bonne société se plaignirent d’odeurs suspectes et de réactions cutanées.
Une enquête fut ouverte, et Alphonse fut convoqué devant le tribunal correctionnel pour “fraude olfactive et tromperie sur la marchandise”. L’affaire fit les choux gras des journaux satiriques comme Le Rire, qui caricaturèrent Alphonse en “Apôtre du suif cosmétique”.Moralité ?
À la Belle Époque, même la graisse pouvait devenir un objet de luxe… ou de scandale. Et les vendeurs de suif, souvent méprisés, savaient parfois mieux flairer les tendances que les parfumeurs des grands boulevards.