VACHER



Rôle du vacher
Le vacher était responsable de la traite, des soins quotidiens et de la conduite aux pâturages des vaches et des bœufs.
Il assurait aussi la surveillance des vêlages, souvent depuis un lit suspendu dans l’étable, fait de planches et de paille.
Il commençait sa journée au chant du coq, avec la traite du matin, le nettoyage des étables, les travaux agricoles, puis la traite du soir.
Le vacher vivait souvent sur place, dans des conditions modestes : son lit était parfois suspendu au plafond de l’étable pour rester proche des animaux.
Il ne partageait pas les repas avec le maître de ferme, mais prenait ses pauses dans les champs, souvent accompagné de cidre, la boisson traditionnelle.
Les distractions étaient rares : les vachers jouaient aux dominos ou se racontaient des histoires de colporteurs en fin de journée.
L’élevage bovin était en pleine transformation, avec des croisements de races pour améliorer la production laitière et de viande.
Le métier de vacher était souvent familial ou communautaire, transmis de génération en génération dans les campagnes françaises.
Répartition géographique
Le métier était particulièrement répandu dans des régions comme le Pays de Caux en Normandie, où les traditions agricoles étaient bien ancrées.

Le Vacher et le Fromage Maudit de Saint-Nectaire
À la fin du XIXe siècle, dans les monts d’Auvergne, vivait un vacher nommé Benoît Lafarge, réputé pour son flair inégalé dans l’élevage de vaches Salers et la fabrication du fromage Saint-Nectaire. Chaque été, il menait son troupeau dans les estives, hautes prairies où l’herbe était si parfumée qu’on disait qu’elle donnait au lait un goût de noisette.
Mais Benoît avait un secret : il ajoutait à son fromage une pincée d’herbes sauvages qu’il cueillait à la tombée de la nuit, dans un coin que les anciens appelaient “le bois des murmures”, réputé hanté. Il jurait que cela donnait au fromage une saveur “divine et ensorcelante”.
Un jour, un inspecteur des douanes, intrigué par la renommée soudaine du fromage de Benoît, décida de mener l’enquête. Il goûta un morceau… et tomba éperdument amoureux de la fermière voisine, qu’il épousa dans la semaine. Le bruit courut que le fromage avait des vertus aphrodisiaques, et les commandes affluèrent de tout Paris.
Mais voilà : un soir d’orage, Benoît disparut mystérieusement. On retrouva ses sabots au bord du bois des murmures, mais jamais son corps. Certains disent qu’il a été enlevé par les fées du bocage, d’autres qu’il est parti vivre en ermite, gardant jalousement la recette de son fromage ensorcelé.
Depuis, dans les fermes d’Auvergne, on raconte que si l’on entend des cloches de vaches résonner dans le bois des murmures sans troupeau en vue… c’est Benoît qui veille sur ses vaches invisibles.