TRICOTEUSE




Origines du tricot en France
Le tricot tel qu’on le connaît aujourd’hui trouve ses racines dans des techniques anciennes comme le nalbinding, utilisé par les Vikings, et le sprang, une méthode de torsion de fils.
Les premières véritables pièces tricotées remontent à l’Égypte copte au VIIIe siècle, notamment des chaussettes finement décorées.
Le mot "tricot" vient de "petite trique", nom donné à l’aiguille à tricoter au XVIe siècle.
Dès le XIVe siècle, le tricot devient une activité artisanale en France, notamment pour la fabrication de bonnets d’où le terme bonneterie.
Au XVIe siècle, des corporations de bonnetiers apparaissent, regroupant les artisans du tricot.
Le tricot est souvent pratiqué par les femmes dans les foyers ruraux comme revenu complémentaire, surtout dans les régions pauvres.
À la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle)
Le tricot reste une activité domestique et féminine, souvent associée à la vie quotidienne des classes populaires.
Les tricoteuses sont parfois employées dans des ateliers de bonneterie ou travaillent à domicile pour des maisons de mode ou des fabricants de vêtements.
Le tricot est aussi un loisir bourgeois, avec des modèles publiés dans des revues féminines et des cercles de dames qui se réunissent pour tricoter.
L’image de la tricoteuse est ambivalente : elle incarne à la fois la femme laborieuse et la femme silencieuse, parfois associée à des figures politiques comme les tricoteuses de la Révolution française, qui tricotaient près de la guillotine.
L’invention de la machine à tricoter par William Lee en 1589 marque le début d’une lente mécanisation du tricot.
À la Belle Époque, les usines de bonneterie se développent, mais le tricot à la main reste courant, notamment pour les pièces fines ou personnalisées.

La tricoteuse espionne du boulevard Haussmann
À Paris, vers 1905, dans l’effervescence du boulevard Haussmann, une certaine Clémence Dubois, modeste tricoteuse de gants en dentelle, tenait un petit atelier discret derrière les grands magasins. Officiellement, elle confectionnait des accessoires raffinés pour les dames de la haute société. Officieusement… elle était l’oreille la mieux informée de tout le quartier.
Clémence avait installé son banc de tricot juste à côté du salon de thé préféré des épouses de ministres, banquiers et industriels.
Tandis qu’elle faisait mine de compter ses mailles, elle écoutait les conversations confidentielles sur les affaires, les scandales, les liaisons… et les secrets d’État.
Elle notait tout dans un petit carnet dissimulé dans son panier à pelotes.
Clémence n’était pas une simple commère : elle travaillait pour un journal satirique underground, Le Miroir Fendu, qui publiait des chroniques mordantes sur les élites parisiennes.
Grâce à ses indiscrétions, le journal révélait des affaires croustillantes avant même que la presse officielle ne les découvre.
Le scandale
En 1907, elle fit tomber un député influent en révélant qu’il finançait ses campagnes avec l’argent d’une société de corsets… tout en prônant la morale publique. L’affaire fit grand bruit, et Clémence devint une légende urbaine : la tricoteuse qui faisait trembler les puissants.