TOURNEUR AJUSTEUR


Le métier de tourneur-ajusteur à la Belle Époque
Le tourneur-ajusteur est un ouvrier spécialisé dans l’usinage des pièces métalliques à l’aide de machines-outils comme le tour. Ce métier est emblématique de la montée en puissance de l’industrie mécanique durant la deuxième révolution industrielle.
Deuxième révolution industrielle : La Belle Époque est marquée par l’essor de l’électricité, de l’automobile et de la mécanique de précision.
Développement des ateliers : Les usines se modernisent, les machines-outils se perfectionnent, et les métiers techniques comme celui de tourneur-ajusteur deviennent essentiels.
Métallurgie en plein essor : Le travail du métal devient central dans les industries ferroviaires, navales, et automobiles.
Maîtrise du tour : Le tourneur façonne des pièces cylindriques avec précision, souvent pour des moteurs ou des engrenages.
Ajustage manuel : L’ajusteur complète le travail en ajustant les pièces à la main pour garantir leur bon fonctionnement.
Lecture de plans :
Ces ouvriers doivent lire des plans techniques et comprendre les tolérances mécaniques.Statut social et culture ouvrière
Ouvriers qualifiés : Les tourneurs-ajusteurs sont considérés comme des ouvriers hautement qualifiés, souvent mieux rémunérés que les manœuvres.
Communauté technique : Ils forment une communauté soudée, avec une forte identité professionnelle et des traditions de transmission du savoir-faire.
Engagement syndical : Beaucoup sont impliqués dans les luttes sociales et syndicales, notamment pour de meilleures conditions de travail.
Croissance économique : La France connaît une période de prospérité, avec une modernisation rapide de l’industrie.
Inégalités sociales : Malgré les progrès, les ouvriers restent confrontés à des conditions de travail difficiles et à une forte hiérarchie sociale.
Fierté ouvrière : Le métier de tourneur-ajusteur incarne la compétence technique et la dignité du travail manuel dans une société en mutation.

Le mystère du roulement volé – Paris, 1907
Dans les ateliers de la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne, un jeune tourneur-ajusteur nommé Émile Dervaux faisait parler de lui. Fils d’un horloger, Émile avait des doigts d’or et un œil de lynx. Il travaillait sur les pièces de précision destinées aux fusils Lebel, fleuron de l’armée française.
Un jour, alors qu’un inspecteur militaire venait vérifier les stocks, un roulement à billes expérimental – conçu pour améliorer la cadence de tir – disparut mystérieusement. Panique dans l’atelier. Ce roulement, usiné avec une tolérance de moins de deux centièmes de millimètre, était l’œuvre d’Émile lui-même.
Mais voilà le croustillant : après une fouille infructueuse, Émile proposa une idée farfelue. Il savait que le contremaître, un homme corpulent et amateur de charcuterie, avait l’habitude de cacher ses bouteilles de vin dans les conduits d’aération. Émile inspecta les conduits… et trouva le roulement soigneusement emballé dans un torchon, coincé derrière une bouteille de Chinon.
Le contremaître fut suspendu, mais jamais inculpé. On murmura qu’il voulait vendre le roulement à un industriel allemand. Émile, lui, fut promu chef d’atelier et gagna le surnom de “le Sherlock du tour”.