TONDEUR DE MOUTONS



Origines et évolution du métier
Métier ancestral : La tonte de moutons existe depuis l’Antiquité. Déjà à Cnossos (Crète), la richesse locale reposait sur l’industrie lainière. En France, comme ailleurs en Europe, la laine était une ressource précieuse dès le Moyen Âge.
Fonction essentielle : Le tondeur est chargé de retirer la toison des moutons, généralement une fois par an. Cela permet de préserver la santé de l’animal, éviter les parasites, et récolter la laine pour l’industrie textile.
Transition technologique : C’est une période charnière où la tonte manuelle (avec des forces, sortes de ciseaux) commence à être remplacée par des tondeuses mécaniques. Ces machines, développées notamment en Australie et en Angleterre, arrivent progressivement en France.
Métier itinérant : Les tondeurs se déplacent de ferme en ferme, souvent en petits groupes. C’était un métier saisonnier, très physique, et souvent exercé par des hommes jeunes et robustes.
Vie rurale et traditions : La tonte était aussi un événement social dans les campagnes françaises. Elle pouvait donner lieu à des rassemblements, des repas collectifs, voire des fêtes locales.
Impact économique et social
La laine, une richesse : À la Belle Époque, la laine française était prisée, notamment celle des races rustiques comme la Mérinos. Elle alimentait les filatures et les manufactures textiles, très actives dans des régions comme le Massif Central ou les Vosges.
Début de la professionnalisation :
Bien que souvent exercé par des agriculteurs eux-mêmes, le métier de tondeur commence à se structurer. Des formations et des concours apparaîtront plus tard, mais les bases se posent dès cette époque.

Le mouton du scandale à Saint-Flour
En 1907, dans les hauteurs du Cantal, le village de Saint-Flour vivait au rythme des saisons et des bêlements. Le tondeur vedette du coin s’appelait Gaspard Louvet, un homme à la moustache impeccable, connu pour sa technique de tonte "à la parisienne" rapide, élégante, et toujours avec un petit coup de peigne final.
Mais Gaspard avait un secret : il utilisait une lotion maison, à base de lavande, vinaigre et eau-de-vie, qu’il appliquait sur les moutons après la tonte. Il jurait que cela rendait la laine plus douce et plus parfumée, ce qui plaisait énormément aux négociants de Lyon.
Un jour, un inspecteur des douanes, venu enquêter sur une mystérieuse hausse des prix de la laine cantalienne, découvrit que Gaspard ajoutait aussi… de la poudre d’alun, interdite à l’époque dans les soins animaliers. Le scandale éclata : les journaux titrèrent "Le mouton parfumé du Cantal : fraude ou génie
Mais au lieu d’être banni, Gaspard devint une célébrité. Les dames de la haute société se mirent à commander des pelotes de "laine Louvet", et même Coco Chanel aurait fait livrer un échantillon pour ses premiers chapeaux.
Gaspard, grisé par le succès, ouvrit un salon de tonte à Vichy, où l’on venait admirer ses gestes et respirer ses moutons fraîchement rasés. On disait que les brebis y ressortaient plus coquettes que les clientes du Grand Café.