TELEGRAPHISTE


Origines et évolution du métier
Naissance du métier : Le métier de télégraphiste apparaît en France au milieu du XIXe siècle avec le développement du télégraphe électrique. Il s’inscrit dans la modernisation des communications, succédant au télégraphe optique de Chappe utilisé sous Napoléon.
Institutionnalisation : Les télégraphistes sont employés par l’Administration du Télégraphe, puis intégrés aux PTT (Postes, Télégraphes et Téléphones), une administration centrale qui gère les communications en France.
Transmission des messages : Les télégraphistes codent et décodent des messages en Morse, les transmettent via des câbles ou des lignes aériennes, et assurent leur acheminement rapide à travers le pays.
Travail en bureau : Ils travaillent dans des bureaux de poste ou des gares, souvent dans des conditions exigeantes, avec une grande rigueur et rapidité d’exécution.
Facteurs télégraphistes : Certains étaient aussi chargés de livrer les télégrammes à domicile, jouant un rôle essentiel dans la chaîne de communication.
Contexte de la Belle Époque
Période faste : À la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle), la France connaît une forte croissance industrielle et urbaine. Le télégraphe devient un outil indispensable pour les affaires, les administrations, et même les communications personnelles.
Développement de la TSF : Vers 1900, le métier évolue avec l’arrivée de la télégraphie sans fil (TSF), notamment dans les communications maritimes et militaires.
Automatisation et téléphone : Le développement du téléphone et des systèmes automatisés réduit progressivement le besoin de télégraphistes.
Fin du télégramme : En France, le dernier télégramme est envoyé en 2018, marquant la fin officielle du métier.

Le télégraphiste amoureux et l’affaire du code volé (Paris, 1898)
À la fin du XIXe siècle, les télégraphistes étaient les gardiens d’un réseau invisible reliant les ministères, les ambassades, et les grandes entreprises. Leur rôle était discret, mais crucial. Et parfois… explosif.
Un jeune télégraphiste du bureau central de Paris, nommé Émile D., tombe éperdument amoureux d’une mystérieuse femme rencontrée dans un café du quartier Montparnasse. Elle se dit journaliste, passionnée par les nouvelles technologies. En réalité, elle est une espionne allemande opérant sous couverture.
Séduit, Émile commence à lui raconter des anecdotes sur les messages qu’il transmet. Elle l’encourage, le flatte, lui offre des cadeaux. Peu à peu, il lui confie des extraits de dépêches diplomatiques codées, pensant qu’il ne fait que l’impressionner.
Mais les services de contre-espionnage français, déjà méfiants après une fuite dans une affaire militaire, surveillent les communications. Ils interceptent une lettre codée envoyée à Berlin… contenant des phrases identiques à celles transmises par Émile.
Il est arrêté en pleine nuit, alors qu’il s’apprêtait à retrouver sa belle au Jardin du Luxembourg. Lors de son interrogatoire, il avoue tout y compris qu’il ignorait totalement qu’elle était une espionne.
Conséquences
L’affaire fait les gros titres des journaux parisiens pendant plusieurs semaines. Émile est condamné à cinq ans de prison pour divulgation de secrets d’État. Quant à la mystérieuse espionne, elle disparaît sans laisser de trace. Certains disent qu’elle aurait fui en dirigeable vers la Suisse…