TAILLANDIER



Qu’est-ce qu’un taillandier
Le taillandier est un artisan forgeron spécialisé dans la fabrication d’outils tranchants : haches, serpes, ciseaux, lames agricoles, outils de tailleurs de pierre, etc. Le mot vient du terme « taillant », désignant la partie coupante d’un outil.
Antiquité et Moyen Âge :
Le métier remonte à l’âge du bronze, mais le terme « taillandier » apparaît pour la première fois en 1573.
Au XIIIe siècle, les métiers du fer étaient régis par la puissante corporation des fèvres-maréchaux.
Les taillandiers obtiennent leur indépendance en 1463, formant leur propre corporation.
XVIIe siècle :
En 1642, l’apparition du fer blanc (fer recouvert d’étain) à Paris stimule le métier.
Naissance de la corporation des taillandiers ferblantiers, qui fabriquent aussi des ustensiles de cuisine et des lanternes.
Le métier à la Belle Époque (vers 1870–1914)
Apogée artisanale :
Les taillandiers sont encore nombreux dans les campagnes et petites villes.
Ils travaillent souvent dans des taillanderies utilisant la force hydraulique des moulins à eau.
Ils fournissent les outils aux agriculteurs, vignerons, bûcherons, et artisans du bâtiment.
Déclin progressif :
L’industrialisation et l’importation massive d’outils standardisés commencent à supplanter les productions artisanales.
Dès le début du XXe siècle, le métier entre en désuétude, bien que certains artisans résistent en se spécialisant dans la restauration ou les outils sur mesure.Héritage et survivance
Bien que le métier ait presque disparu, quelques maîtres taillandiers perpétuent encore la tradition.
Des artisans comme Jean-Luc Bonaventure ou Bernard Solon ont été décrits comme les derniers représentants du métier au XXIe siècle.

Le duel des taillandiers de Montmartre
À la fin du XIXe siècle, dans le quartier populaire de Montmartre à Paris, deux taillandiers réputés se livraient une guerre féroce : Maître Clément, connu pour ses serpes d’une précision chirurgicale, et Maître Augustin, dont les haches étaient prisées par les vignerons de toute l’Île-de-France.
Mais ce qui a fait jaser les cafés parisiens, ce n’était pas leurs outils… c’était la disparition mystérieuse d’un chef-d’œuvre que Maître Clément préparait pour l’Exposition universelle de 1900 : une faucille incrustée d’argent, censée représenter l’union du travail manuel et de l’art décoratif.
Quelques jours avant l’exposition, l’outil disparaît. Les soupçons se tournent vers Augustin, dont l’atelier jouxte celui de Clément. Une enquête est ouverte, les journaux s’enflamment, et les deux hommes sont convoqués par la préfecture. Finalement, l’objet est retrouvé… dans une fontaine publique, enveloppé dans un linge marqué du sceau de la corporation des taillandiers.
Certains murmurent que Clément aurait lui-même orchestré le vol pour attirer l’attention sur son œuvre. D’autres pensent qu’un apprenti jaloux aurait voulu saboter son maître. Ce qui est sûr, c’est que cette histoire a marqué les annales de la taillanderie parisienne et que les deux artisans n’ont plus jamais échangé un mot.