SOURCIER


Le métier de sourcier en France à la Belle Époque (1890–1914)
La Belle Époque fut une période d’optimisme, de progrès technique et de vie rurale encore très présente en France. Dans ce contexte, le métier de sourcier occupait une place singulière, entre tradition populaire et mysticisme.
Ancienne tradition : Le métier de sourcier remonte à l’Antiquité, où la baguette était utilisée pour la divination. Dès le XVe siècle en Allemagne, elle fut employée pour rechercher des métaux et de l’eau.
Méthodes utilisées : Les sourciers utilisaient des baguettes en bois (souvent du noisetier en forme de Y) ou des pendules pour détecter les sources souterraines. Ces outils étaient censés réagir à la présence d’eau par des mouvements involontaires.
Perception sociale :
À la Belle Époque, les sourciers étaient souvent perçus comme des personnes dotées d’un don mystérieux. Leur savoir-faire était précieux, surtout dans les régions rurales où l’accès à l’eau était vital.
Importance vitale : Dans une France encore largement agricole, disposer d’un puits était essentiel. Le sourcier était souvent le seul recours pour déterminer l’emplacement d’un forage.
Popularité régionale : Les sourciers étaient particulièrement sollicités dans des régions comme la Provence, le Vaucluse, la Drôme ou le Gard, où les besoins en eau étaient cruciaux.
Usage militaire : Durant la Première Guerre mondiale, certains sourciers auraient été employés pour détecter des galeries ou caches souterraines, bien que cela reste controversé.
Controverses : Malgré leur popularité, les capacités des sourciers n’ont jamais été validées scientifiquement. Des tests en double aveugle ont montré que leurs résultats ne dépassaient pas le hasard.
Condamnations religieuses : L’usage de la baguette fut condamné par l’Église à plusieurs reprises, notamment par le pape Jean XXII en 1326 et par Luther en 1517, qui y voyait une forme de divination interdite.

Une histoire croustillante : Le sourcier de Montluçon et le scandale du château
Dans les années 1900, à Montluçon, un riche propriétaire terrien décide de construire un château sur une colline réputée aride. Les architectes s’inquiètent : pas une goutte d’eau à l’horizon. C’est alors qu’un sourcier du coin, réputé pour ses talents mais aussi pour son goût du vin et des paris, est appelé à la rescousse.
Avec sa baguette en Y, il fait le tour du terrain, s’arrête brusquement, et déclare : « Creusez ici, vous aurez une source abondante. » Les ouvriers s’exécutent… et tombent sur un ancien caveau à vin oublié, rempli de bouteilles centenaires. Pas d’eau, mais une trouvaille qui fait la une des journaux locaux.
Le propriétaire, furieux mais amusé, offre une des bouteilles au sourcier en guise de paiement. Ce dernier, ravi, déclare : « L’eau, c’est pour les vaches. Moi, je trouve ce qui fait parler les hommes. »