SAXOPHONISTE


Le métier de saxophoniste en France à la Belle Époque (1890–1914)
La Belle Époque fut une période de grande effervescence culturelle, artistique et technologique en France. C’est dans ce contexte que le saxophone, inventé par Adolphe Sax en 1846, commence à se faire une place dans le paysage musical français.
Invention du saxophone : Créé par le Belge Adolphe Sax, l’instrument est breveté en 1846. Il est d’abord destiné aux orchestres militaires pour sa puissance sonore et sa capacité à se fondre entre les bois et les cuivres.
Premiers saxophonistes : Le métier n’existe pas avant le XIXe siècle. Les premiers musiciens à se spécialiser dans le saxophone apparaissent dans les fanfares militaires, puis dans les orchestres civils et les salons bourgeois.
Le saxophone dans la vie musicale de la Belle Époque
Musique militaire et populaire : Le saxophone est largement utilisé dans les fanfares et musiques militaires, très présentes dans les rues et les fêtes publiques.
Enregistrements sonores : L’essor du phonographe et des premiers enregistrements à cylindre permet aux saxophonistes d’être entendus au-delà des salles de concert.
Cabarets et cafés-concerts : Le saxophone commence à apparaître dans les spectacles populaires, notamment dans les cabarets parisiens comme le Moulin Rouge ou les Folies Bergère.
Répertoire classique limité : À cette époque, peu de compositeurs classiques écrivent pour le saxophone. Il est encore considéré comme un instrument "hybride".
Musique légère et dansante : Le saxophone se prête bien aux musiques de danse (valse, polka, quadrille), très en vogue dans les salons bourgeois.
Virtuoses émergents :
Quelques saxophonistes commencent à se faire connaître comme solistes, mais le métier reste marginal comparé aux pianistes ou violonistes.
Évolution géographique et sociale
Paris, centre névralgique : La majorité des saxophonistes professionnels se trouvent à Paris, où la vie musicale est la plus dynamique.
Métier en mutation :
Le saxophoniste passe du statut de musicien militaire à celui d’artiste de scène, notamment grâce à l’essor des enregistrements et des spectacles populaires.

Le saxophoniste et la duchesse masquée
Vers 1907, dans un cabaret parisien très en vogue Le Chat Noir, bien sûr un jeune saxophoniste nommé Émile Duvivier faisait sensation. Il avait un style de jeu si sensuel qu’on disait qu’il pouvait faire rougir une statue. Chaque soir, il envoûtait les habitués avec ses solos langoureux, mais ce n’était pas que la musique qui attirait les regards…
Un soir, une mystérieuse femme masquée, vêtue d’un manteau de velours violet, s’installa au premier rang. Elle revenait chaque nuit, toujours masquée, toujours seule. Émile, intrigué, composa un morceau spécialement pour elle : La Valse de l’Inconnue. Lorsqu’il la joua, elle se leva, s’approcha de la scène, et glissa dans la poche de son veston une lettre parfumée.
La lettre révélait qu’elle était en réalité la duchesse de Montpensier, mariée à un diplomate en poste à Vienne. Elle proposait à Émile de fuir avec elle, de tout quitter pour vivre une vie de bohème à Venise. Le jeune saxophoniste hésita… mais l’amour (et l’adrénaline) l’emporta.
Ils disparurent du jour au lendemain. Le scandale fit les gros titres des journaux : “Un saxophoniste séduit la noblesse et s’évapore dans la nuit vénitienne !” On raconte qu’ils jouaient ensemble dans les salons secrets de la Sérénissime, elle au piano, lui au saxophone, et que leur musique faisait pleurer les gondoliers.