SARDILLIER


Le métier de sardillier terme régional désignant un pêcheur ou marchand de sardines, notamment en Bretagne était un pilier de l’économie littorale française à la Belle Époque (fin XIXe siècle jusqu’à 1914). Bien qu’il soit rarement mis en lumière dans les grandes fresques historiques, ce métier illustre parfaitement la vie laborieuse et les traditions populaires de la France provinciale, souvent éclipsées par le faste parisien de cette période.
Principalement exercé sur les côtes bretonnes (Douarnenez, Concarneau, Le Guilvinec).
Sardine = poisson roi de la pêche artisanale locale.
Pêche à la sardine en chaloupe ou canot à voile.
Utilisation de filets dérivants appelés “filets tournants”.
Travail saisonnier, très dépendant des migrations de sardines (printemps-automneTransformation et commerce
Les sardines étaient souvent salées ou mises en boîte dans des conserveries locales.
Les sardilliers pouvaient aussi vendre directement sur les marchés ou aux mareyeurs.
L’essor des conserveries à la Belle Époque a transformé le métier, le reliant à l’industrie naissante.
Les “Penn Sardin” (têtes de sardines) : ouvrières des conserveries, souvent les épouses ou filles de sardilliers.
Elles jouaient un rôle crucial dans le nettoyage, le salage et la mise en boîte.
La Belle Époque est souvent associée à la bourgeoisie urbaine, aux progrès techniques et à l’art de vivre raffiné . Mais dans les ports bretons, la vie était rude, marquée par :
Des conditions de travail difficiles en mer.
Une précarité économique liée aux aléas de la pêche.
Des luttes sociales, notamment des grèves dans les conserveries (comme à Douarnenez en 1905).

Dans les années 1900, sur les quais de Marseille, un certain sardillier nommé Baptiste "le Tonnerre", connu pour son gouaille et son flair commercial, aurait lancé une opération marketing avant l’heure. Un matin, il fit livrer une charrette de sardines dans des boîtes dorées, prétendant qu’elles venaient directement de la mer Égée et étaient bénies par un moine grec. Résultat : les dames de la haute société se les arrachaient, pensant consommer un mets exotique et mystique.
Ce n’était que des sardines locales, bien salées et bien huilées, mais Baptiste avait compris que le storytelling vendait mieux que le poisson lui-même. Il aurait même inspiré certains publicitaires parisiens à utiliser des récits mythiques pour vendre du savon et du chocolat.
Une autre légende urbaine raconte qu’un sardillier de Boulogne-sur-Mer, déguisé en chanteur de cabaret, aurait infiltré les soirées mondaines parisiennes pour vendre ses sardines en douce. Il glissait des boîtes dans les manteaux des spectateurs, et à la fin du spectacle, les gens retrouvaient leur sardine comme un cadeau surprise. Résultat : tout le monde voulait "la sardine du cabaret", et il devint fournisseur officiel d’un célèbre établissement de Montmartre.