SACHIER



Le métier de sachier à la Belle Époque en France
Le sachier était un artisan spécialisé dans la fabrication de sacs, principalement en toile, jute ou autres textiles résistants. Ce métier, aujourd’hui presque disparu, jouait un rôle essentiel dans une société encore largement tournée vers l’agriculture, le commerce de détail et l’industrie.
Définition : Le sachier fabriquait des sacs pour le transport et le stockage de marchandises (grains, farine, charbon, etc.).
Matériaux utilisés : Toile de chanvre, jute, lin ou coton, cousus à la main ou à la machine.
Utilisation des sacs : Dans les moulins, les entrepôts, les marchés, les mines et les ports.
Contexte économique : Période de croissance industrielle et agricole en France.
Demande accrue : L’essor du commerce et des transports (train, bateau) augmentait le besoin de contenants robustes.
Artisanat vs. industrie : Le métier de sachier coexistait avec les débuts de la production industrielle de sacs, mais restait vital dans les zones rurales et pour les petits commerçants.
Répartition géographique selon Geneanet
Le métier était répandu dans les régions agricoles et portuaires.
Il a connu une forte présence entre 1800 et 1950, avant de décliner avec l’arrivée des emballages industriels.
Métier manuel souvent exercé par des hommes issus des classes populaires.
Peu valorisé socialement, mais indispensable à l’économie locale.
Après la Belle Époque, le métier a décliné avec l’industrialisation et l’apparition de nouveaux matériaux (plastique, carton).
Aujourd’hui, il survit parfois dans des formes artisanales ou patrimoniales.

Le sac à double fond du sachier de Montmartre
Dans les années 1890, un certain Arsène Dubois, sachier réputé du quartier de Montmartre, avait une clientèle bien particulière : les camelots, les pickpockets... et même quelques anarchistes. Son atelier, niché derrière une boutique de parapluies, était connu pour ses sacs “sur mesure” — mais pas seulement pour leur solidité.
Arsène avait mis au point un système ingénieux de double fond invisible, permettant de dissimuler des objets sans éveiller les soupçons. Certains y cachaient des bijoux volés, d'autres des tracts politiques interdits. Un jour, un agent de la Sûreté, déguisé en marchand de journaux, fit appel à lui pour un sac “très discret”. Arsène, flairant le piège, fabriqua un sac avec un fond piégé : dès qu’on l’ouvrait, une encre violette explosait, marquant les mains du porteur.
Le lendemain, dans les rues de Paris, on repéra un homme aux mains violettes, furieux, tentant de se laver dans une fontaine. Arsène, lui, riait dans son atelier, entouré de ses sacs et de ses secrets. On raconte qu’il aurait ensuite été recruté par un certain Louis Renault pour concevoir des compartiments secrets dans les premières automobiles...