RUSQUIER



Le métier de rusquier à la Belle Époque en France
Le rusquier était un métier agricole spécialisé dans la récolte du liège, une activité particulièrement présente dans le sud de la France, notamment dans les régions où poussent les chênes-lièges comme le Var, les Pyrénées-Orientales ou la Corse.
Définition : Le rusquier est la personne qui récolte le liège, en détachant l’écorce du chêne-liège sans abîmer l’arbre.
Utilisation du liège : Le liège servait à fabriquer des bouchons, des isolants, des semelles, et même des flotteurs pour la pêche.
Savoir-faire : Ce métier demandait une grande précision pour ne pas endommager les arbres, car le liège ne peut être récolté qu’environ tous les 9 ans.
Le métier à la Belle Époque (1890–1914)
Contexte économique : La Belle Époque est une période de croissance industrielle et d’essor des échanges commerciaux. Le liège, produit naturel et polyvalent, était très demandé.
Conditions de travail : Les rusquiers travaillaient souvent dans des conditions difficiles, en pleine nature, avec des outils rudimentaires. Le métier était saisonnier et peu rémunéré, souvent exercé par des paysans ou des ouvriers agricoles.
Répartition géographique : Le métier était concentré dans les zones méditerranéennes, où les chênes-lièges sont endémiques. Une cartographie historique montre une forte présence dans le sud de la France.
Le métier de rusquier a décliné avec l’industrialisation et l’arrivée de matériaux synthétiques.
Aujourd’hui, il subsiste de manière marginale, souvent dans le cadre de pratiques artisanales ou écologiques.

Une histoire croustillante : le rusquier et le champagne volé
En 1908, dans les collines du Gard, un rusquier nommé Baptiste Imbert, réputé pour son habileté à extraire le liège sans abîmer les chênes, fut engagé par un négociant en vin de Reims. Ce dernier voulait un liège "parfait" pour une cuvée spéciale destinée à l’Exposition universelle de 1910. Baptiste, flatté, accepta… mais découvrit que le négociant utilisait ses bouchons pour reboucher des bouteilles de champagne contrefait, vendues aux riches Parisiens comme du millésime royal.
Furieux de voir son travail associé à une fraude, Baptiste décida de se venger. Une nuit, il remplaça les bouchons des bouteilles par des lièges trop frais, qui explosèrent dans les caves du négociant, inondant les sous-sols de mousse et ruinant la cargaison. Le scandale fit les gros titres dans les journaux régionaux, et Baptiste devint une sorte de héros populaire, surnommé "le sabotier du champagne".