REVEILLEUR



Le métier de réveilleur à la Belle Époque en France
Le métier de réveilleur, bien que plus répandu au Royaume-Uni sous le nom de knocker-upper, a aussi existé en France, notamment avant la généralisation des réveils mécaniques. Voici un aperçu de cette profession insolite qui a disparu avec l’arrivée de la modernité.
Fonction principale : Le réveilleur était chargé de réveiller les ouvriers et employés avant l’aube pour qu’ils arrivent à l’heure à leur poste, surtout dans les usines.
Méthodes utilisées :
Toquer aux fenêtres avec un long bâton
Utiliser des cailloux, des sifflets ou même crier
Clientèle : Principalement des travailleurs sans réveil personnel, souvent dans les quartiers populaires.
Avant les réveils mécaniques : Le métier était essentiel dans les villes industrielles où la ponctualité était cruciale.
À la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle) : Bien que la France ait commencé à s’équiper en réveils, certaines zones rurales ou ouvrières dépendaient encore de ces professionnels.
Disparition progressive : Avec l’arrivée des réveils bon marché et l’électrification des foyers, le métier a disparu, officiellement vers les années 1970 au Royaume-Uni.

Dans les années 1890, à Montmartre, vivait un certain Gaspard “le Coq”, surnommé ainsi pour sa capacité à réveiller tout le quartier avant l’aube. Gaspard était un réveilleur professionnel, engagé par des ouvriers, des boulangers, et même des artistes qui avaient besoin de se lever tôt pour travailler ou peindre à la lumière du matin.
Mais Gaspard avait une méthode bien à lui :
Il ne frappait pas aux portes.
Il ne criait pas dans les rues.
Il lançait des petits cailloux sur les volets des clients, avec une précision redoutable.
Un jour, il se trompa de fenêtre et réveilla la maîtresse d’un député local, qui croyait être espionnée. L’affaire fit scandale : le député, furieux, porta plainte pour “tapage matinal et atteinte à la vie privée”. Gaspard, malin comme un singe, se défendit en disant qu’il ne faisait que son devoir civique : “Réveiller les travailleurs, c’est réveiller la France !”
Le juge, amusé, relaxa Gaspard et lui conseilla simplement d’acheter une liste d’adresses plus précise. L’histoire fit le tour des cafés parisiens, et Gaspard devint une petite célébrité locale. On raconte même qu’il fut invité à réveiller le maire un matin… avec un pétard de carnaval.
Anecdote bonus
Certains réveilleurs utilisaient des sarbacanes pour envoyer des pois secs sur les volets. D’autres frappaient avec des bâtons ou sifflaient des airs connus. Ce métier a disparu avec l’arrivée des réveils à ressort, mais il reste un symbole délicieux de l’ingéniosité populaire à la Belle Époque.