REPASSEUSE




Contexte historique du métier
Métier féminin et populaire : La repasseuse faisait partie des "petits métiers" urbains souvent exercés par des femmes issues des classes populaires. Elle travaillait généralement dans des ateliers de blanchisserie ou à domicile.
Lien avec la blanchisseuse : Le repassage était souvent la dernière étape du travail de la blanchisseuse, qui lavait, rinçait, étendait, puis livrait le linge à repasser.
Conditions de travail difficiles : Les repasseuses travaillaient dans des pièces surchauffées (plus de 30°C), entourées de vapeur et de linge humide. Le travail était physique, répétitif, et exigeait une grande précision.
Edgar Degas a immortalisé la figure de la repasseuse dans plusieurs toiles, notamment La Repasseuse (vers 1869) et Les Repasseuses (1884). Ces œuvres montrent des femmes concentrées, robustes, parfois fatiguées, mais dignes.
Noblesse du geste : Malgré la pénibilité, la repasseuse incarne une forme de noblesse laborieuse. Elle est représentée comme saine, sereine, et presque méditative dans son travail.
Symbole de la condition ouvrière féminine : À travers la repasseuse, les artistes et écrivains de l’époque (Zola, Hugo, Sue) dénoncent les inégalités sociales et célèbrent le courage des travailleuses.
Outils et techniques
Fers à repasser chauffés au charbon ou sur des poêles : Pas d’électricité, donc chaque fer devait être manipulé avec précaution.
Linge délicat : Les repasseuses travaillaient sur des voilages, des chemises, des dentelles, souvent pour des familles bourgeoises ou des maisons de couture.
Savoir-faire artisanal : Le métier exigeait une connaissance fine des textiles, des plis, et des finitions.
Des expositions historiques comme celles des Voyageurs du Temps mettent en scène des ateliers de repasseuses avec mannequins, outils et décors d’époque.
Le métier a peu à peu disparu avec l’arrivée du fer électrique et des services de pressing modernes, mais il reste un symbole de la dignité ouvrière féminine à la Belle Époque.

La repasseuse et le scandale du Moulin Rouge
À la fin du XIXe siècle, dans le tumulte du Paris bohème, les repasseuses étaient des figures essentielles de la vie quotidienne. Elles travaillaient dans l’ombre, mais leur rôle était crucial : entretenir les costumes des danseuses, les chemises des messieurs, les robes des dames. Et parfois… elles devenaient les confidentes, voire les complices, des secrets les plus sulfureux.
ߎ L’histoire se passe au Moulin Rouge, temple du cancan et des nuits effervescentes. Une jeune repasseuse du nom de Clémence, tout juste arrivée de province, est embauchée pour s’occuper des costumes des danseuses. Discrète mais observatrice, elle découvre vite que certaines robes sont échangées, modifiées, ou même sabotées avant les spectacles.
Un soir, une étoile montante du cabaret glisse sur scène, sa robe s’étant mystérieusement déchirée. Clémence, qui avait repassé cette robe la veille, est convoquée. Mais au lieu de se laisser accuser, elle révèle qu’elle a vu une autre danseuse glisser une lame dans l’ourlet, pour saboter sa rivale.
Ce témoignage déclenche un petit scandale dans les coulisses du Moulin Rouge. La danseuse fautive est renvoyée, et Clémence devient une sorte de héroïne invisible du cabaret. On dit même qu’un riche mécène, impressionné par son courage, lui aurait offert une petite boutique de blanchisserie dans le quartier de Montmartre.
Anecdote bonus : les repasseuses dans l’art
Les repasseuses ont aussi inspiré les artistes. Degas et Toulouse-Lautrec ont peint des scènes de repassage, souvent empreintes de sensualité et de réalisme. Le repassage, avec ses gestes répétitifs et sa chaleur, était vu comme un travail à la fois domestique et mystérieusement intime.