REMOULEUR



Le rémouleur à la Belle Époque : un artisan itinérant au cœur des villages
À la Belle Époque (fin XIX – début XX siècle), le rémouleur était une figure familière des rues françaises, incarnant un métier modeste mais essentiel : l’affûtage des outils tranchants. Voici un aperçu de son histoire et de son rôle dans la société de l’époque :
Les rémouleurs parcouraient les routes de février à novembre, souvent à pied, parfois accompagnés de leur épouse.
Ils transportaient leur meule sur une charrette ou une brouette, criant « Rémouleur, rémouleur, couteaux, ciseaux, rasoirs ! » tout en agitant une clochette pour attirer les clients
Leur passage était un événement : les enfants se rassemblaient pour voir les étincelles jaillir de la meule.
Il affûtait couteaux, ciseaux, rasoirs, hachoirs, voire les épées des gentilshommes
Il portait un tablier en cuir pour se protéger et utilisait une meule en grès, actionnée par pédale ou manuellement
Certains ajoutaient des outils comme une enclume, un étau ou un tourne-à-gauche pour affûter les scies.
Origines et évolution
Le mot « rémouleur » vient du vieux français émoudre, issu du latin exmolere, qui signifie aiguiser.
Dès le Moyen Âge, les « esmouleurs » étaient recensés à Paris et regroupés dans la confrérie des « gagne-petit », métiers à très faible revenu
À la Belle Époque, les Yéniches, surnommés « tziganes blancs », étaient réputés pour exercer ce métier à travers l’Europe
L’arrivée de l’acier inoxydable et la consommation de masse ont réduit le besoin d’affûtage
Le métier a presque disparu après la Seconde Guerre mondiale, mais connaît aujourd’hui un regain d’intérêt grâce à la valorisation du réemploi et de l’artisanat.
Si tu veux, je peux te raconter une journée typique d’un rémouleur ou te montrer comment ce métier inspire encore des artisans modernes. Tu veux qu’on continue à aiguiser l’histoire

Dans les années 1920, à Lyon, un remouleur nommé Fernand avait une spécialité… il chantait en patois en affûtant les couteaux, mais le refrain qu’il scandait ressemblait étonnamment à une chanson paillarde sauf qu’il le faisait en toute innocence, n’ayant jamais compris le double sens caché derrière ses paroles. Un jour, lors d’une fête de quartier, il fut invité à monter sur scène pour chanter son air préféré… et provoqua un fou rire généralisé, suivi d’un tollé chez les vieilles dames outrées. Fernand, surpris, demanda simplement : « Mais qu’est-ce que j’ai dit de drôle ? J’ai toujours chanté ça avec ma meule ! »
Depuis, il fut surnommé “Fernand l’Affût-Muse”, et on disait qu’il affûtait les couteaux… mais aussi les esprits farceurs.