RAMONEUR




Contexte historique
À la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle), le ramonage était un métier essentiel mais peu valorisé, lié à l’essor urbain et à l’usage généralisé des cheminées pour le chauffage domestique. Les incendies fréquents dans les villes ont rendu le ramonage obligatoire dès le XVIIIe siècle.
Originaires des vallées pauvres de Savoie, Maurienne et Tarentaise, de jeunes garçons (parfois dès 6 ans) migraient chaque hiver vers les grandes villes françaises, suisses ou allemandes pour travailler comme ramoneurs .
Ces enfants, appelés "petits ramoneurs", grimpaient dans les conduits étroits pour les nettoyer, souvent au péril de leur santé : brûlures, déformations, et même cancers dus à l’inhalation de suie.
Le travail était saisonnier et itinérant : les ramoneurs partaient à l’automne et revenaient à Pâques, laissant leur famille derrière eux.
Le ramoneur était perçu comme un métier de classe inférieure, porteur de saleté. Il lui était même interdit de marcher sur les trottoirs dans certaines villes.
En réponse, certains ramoneurs portaient un haut-de-forme, symbole aristocratique, comme une forme de moquerie ou de revendication sociale.
Évolution du métier
L’opinion publique, choquée par l’exploitation des enfants, a poussé à des réformes : les lois de 1874 et 1892 ont limité le travail des mineurs.
Des outils comme les brosses télescopiques et les aspirateurs à suie ont progressivement remplacé le travail manuel dans les cheminées.

Le Ramoneur et la Comtesse : une escapade sous les toits de Paris
Dans le Paris de 1903, un jeune ramoneur savoyard nommé Émile, tout juste monté de son village d’Abondance, travaillait pour une entreprise de nettoyage de cheminées dans les beaux quartiers du 7ᵉ arrondissement. Petit, agile, et discret, il était souvent envoyé dans les hôtels particuliers où les cheminées s’encrassaient de cigares et de feux de bois précieux.
Un jour, il fut appelé dans la demeure d’une certaine Comtesse de V*, une veuve élégante et fantasque, connue pour ses soirées mondaines et ses goûts excentriques. Tandis qu’Émile s’affairait dans les conduits, il découvrit un passage secret derrière une plaque de fonte — un ancien conduit muré menant à une pièce oubliée sous les combles.
Curieux, il s’y faufila… et tomba nez à nez avec un coffre ancien, rempli de lettres d’amour, de bijoux, et de photos compromettantes de la Comtesse avec plusieurs personnalités de la Troisième République. Pris de panique, il tenta de rebrousser chemin, mais fit tomber une brique… alertant la Comtesse elle-même, qui monta en furie.
Mais au lieu de le dénoncer, elle éclata de rire. Elle lui proposa un marché : garder le secret, en échange d’un emploi fixe dans sa maison, comme homme à tout faire. Émile accepta, et devint rapidement un personnage discret mais influent dans les coulisses de la haute société parisienne.
On raconte même qu’il aurait servi d’intermédiaire entre la Comtesse et un ministre, en glissant des lettres dans les conduits de cheminée, comme un pigeon ramoneur.
Anecdotes authentiques sur les ramoneurs à la Belle Époque
Les ramoneurs savoyards étaient souvent des enfants envoyés à Paris pour gagner leur vie. Leur petite taille leur permettait de se faufiler dans les conduits étroits.
Ils étaient considérés comme porte-bonheur : croiser un ramoneur le matin était censé porter chance.
Certains ramoneurs étaient aussi espions domestiques, rapportant aux employeurs les conversations entendues dans les maisons bourgeoises.