RADIOLOGUE



Les débuts de la radiologie en France
1895 : Wilhelm Röntgen découvre les rayons X en Allemagne, réalisant la première radiographie (la main de sa femme).
1896 : Antoine Béclère, médecin français, introduit rapidement la radiologie en France. Il installe un appareil de radioscopie à l’hôpital Tenon à Paris dès 1897.
Béclère joue un rôle fondamental dans la structuration de la radiologie comme discipline médicale. Il est considéré comme le père de la radiologie française.
À ses débuts, la radiologie est expérimentale et artisanale. Les médecins manipulent eux-mêmes les appareils rudimentaires, souvent sans protection, exposés aux rayonnements.
Les premières manipulatrices de radiologie apparaissent, souvent des infirmières formées sur le tas. Cécile Béclère, épouse d’Antoine Béclère, est l’une des premières manipulatrices françaises.
La Première Guerre mondiale (1914–1918) marque un tournant : la radiologie devient un outil vital pour localiser les projectiles dans le corps des soldats blessés.
Cette période accélère la professionnalisation du métier et la diffusion des techniques radiologiques dans les hôpitaux militaires et civils.
Vers une spécialisation
Dès les années 1910, le métier de radiologue commence à se distinguer de celui du médecin généraliste. Des sociétés savantes et des revues spécialisées voient le jour, comme le Journal de Radiologie fondé en 1914.
La Société Française de Radiologie est fondée en 1908, réunissant les premiers spécialistes autour de cette nouvelle discipline.

Le scandale : des corsets révélés
Des dames de la haute société, venues consulter le Dr. Émile pour des douleurs thoraciques, se plaignent qu’il aurait utilisé les rayons X pour… observer leurs corsets et dessous sans leur consentement. À l’époque, les appareils de radiologie n’étaient pas encore bien réglementés, et les clichés étaient parfois conservés à des fins “scientifiques”. Mais certains clichés auraient été montrés lors de soirées privées, où l’on s’amusait à deviner la marque du corset ou la forme des baleines métalliques.
Une duchesse, furieuse d’avoir vu son corset exposé lors d’un dîner chez un collectionneur d’images médicales, dénonce le radiologue. L’affaire fait les choux gras de la presse parisienne : “Les rayons X, nouvelle arme de l’indiscrétion ?” titre Le Petit Journal. Le Dr. Émile nie tout en bloc, mais l’hôpital suspend ses activités pendant plusieurs semaines.
Suite à ce scandale, les autorités médicales françaises commencent à réglementer l’usage des rayons X, imposant des protocoles stricts pour la conservation des clichés et le respect de la vie privée des patients. Le Dr. Émile, quant à lui, finit par ouvrir un cabinet privé… spécialisé dans les diagnostics “discrets”.