RACOMMODEUR DE PORCELAINE




Qui étaient ces raccommodeurs
Artisans itinérants : Ils parcouraient les villes et villages, proposant leurs services aux ménagères pour réparer vaisselle, pots, vases et autres objets cassés.
Méthodes rudimentaires : Leur technique consistait à percer les pièces cassées pour y insérer des agrafes métalliques (souvent en fer ou en cuivre), parfois accompagnées de mastics à base de céruse et de blanc d’œuf.
Résultat imparfait : Bien que fonctionnelle, la réparation restait visible et ne redonnait pas à la porcelaine son éclat d’origine.
Chansons et cris de rue : Le raccommodeur attirait l’attention avec des appels chantés, comme : « Rrrrraccommodeur d’faïence et d’la porc’lain’ ! Avez-vous des vas’s à fair’ recoller… »
Gravures et cartes postales : Ce métier a été immortalisé dans l’imagerie populaire du XIXe siècle, témoignant de son importance dans la vie quotidienne.
Conflit professionnel : Les potiers voyaient ces réparateurs comme une menace à leur commerce. Certains allaient jusqu’à briser les objets réparés exposés par les raccommodeurs.
Héritage artistique
Peintures et chansons : Le tableau Le Raccommodeur de faïences d’Adolphe Binet et la chanson de Berthe Sylva (1929) témoignent de la nostalgie et de la poésie associées à ce métier.
Ce métier, aujourd’hui disparu, reste un symbole de débrouillardise et de vie populaire à la Belle Époque. Si tu veux, je peux t’aider à imaginer une scène de rue typique avec un raccommodeur en action ou même t’écrire un petit poème inspiré de leur cri.

Le vase aux roses et le secret de Madame de Lorme
À Paris, vers 1903, dans le quartier chic du Faubourg Saint-Honoré, vivait Madame de Lorme, une veuve élégante connue pour ses salons littéraires et ses goûts raffinés. Elle possédait un vase en porcelaine de Sèvres, décoré de roses peintes à la main un cadeau de l’Impératrice Eugénie, disait-elle fièrement.
Un soir, lors d’un dîner mondain, le vase fut accidentellement brisé par un jeune poète maladroit. Madame de Lorme, furieuse mais soucieuse de préserver les apparences, fit appel à un raccommodeur de porcelaine réputé : Émile Vautrin, un homme discret, au regard perçant, qui travaillait dans une petite échoppe près du Pont-Neuf.
Mais en recollant les morceaux, Émile découvrit quelque chose d’étrange : un petit compartiment caché dans la base du vase, contenant une lettre jaunie et un médaillon. La lettre révélait une liaison secrète entre Madame de Lorme et un diplomate russe, ainsi que des détails compromettants sur des négociations politiques.
Émile, bien qu tenté de vendre l’histoire aux journaux, choisit de garder le secret. En échange, Madame de Lorme lui offrit une rente confortable et le fit passer pour un artiste de génie dans ses cercles. Grâce à elle, Émile devint le raccommodeur attitré de l’aristocratie parisienne, réparant bien plus que de la porcelaine : des réputations, des confidences, et parfois même des cœurs brisés.