PSYCHIATRE


Naissance du terme "psychiatrie" : Le mot apparaît en 1808, inventé par Johann Christian Reil, mais ne s’impose en France qu’au début du XXe siècle.
Des aliénistes aux psychiatres : Jusqu’à la Belle Époque, les médecins spécialisés dans les troubles mentaux étaient appelés "aliénistes". Le terme "psychiatre" commence à remplacer cette appellation à mesure que la discipline se médicalise davantage.
Les asiles : La loi de 1838 impose à chaque département français de disposer d’un asile pour les "aliénés". Ces établissements deviennent les lieux principaux d’exercice pour les psychiatres.
Internement et contrôle social : L’internement est souvent décidé par les préfets, non par les médecins, ce qui montre le rôle social et politique de la psychiatrie à l’époque.Figures marquantes
Philippe Pinel et Jean-Baptiste Pussin : Dès la fin du XVIIIe siècle, ils amorcent une réforme humaniste en libérant les malades de leurs chaînes et en classifiant les troubles mentaux.
Benedict Morel : Dans les années 1850, il développe la théorie de la dégénérescence, influente à la Belle Époque, qui postule que les maladies mentales s’aggravent de génération en génération.
Valentin Magnan : Il popularise l’idée que l’alcoolisme et les troubles mentaux sont liés, et il contribue à la classification des maladies mentales.
Théorie de la dégénérescence : Très influente à la Belle Époque, elle justifie l’enfermement et la surveillance des malades mentaux comme une mesure de protection sociale.
Naissance de la psychanalyse : Freud commence à diffuser ses idées en Europe, mais elles ne sont pas encore largement adoptées en France à cette époque.
Traitements rudimentaires : Peu de médicaments existent. Les traitements sont surtout moraux, hygiéniques, voire coercitifs.
Perception sociale
Stigmatisation : Les malades mentaux sont souvent perçus comme dangereux ou déviants. L’asile est autant un lieu de soin qu’un outil de contrôle social.
Professionnalisation : Le métier de psychiatre gagne en reconnaissance scientifique, mais reste marginal dans le champ médical général.

Le cas du "Docteur Charcot et la Dame aux convulsions"
À la Salpêtrière, célèbre hôpital parisien, le neurologue Jean-Martin Charcot (considéré comme l’un des pères de la psychiatrie moderne) menait des démonstrations publiques de ses traitements sur des patientes atteintes d’hystérie. Ces séances, ouvertes à des foules de médecins, journalistes et curieux, ressemblaient parfois à des spectacles.
Blanche Wittman, surnommée "la reine des hystériques", était l’une des patientes les plus célèbres de Charcot. Elle présentait des crises spectaculaires : convulsions, paralysies, hallucinations… Lors des démonstrations, elle tombait en transe sous hypnose, sous les yeux ébahis du public.
Mais certains murmuraient que tout cela était… un peu trop théâtral.
Des rumeurs commencèrent à circuler : Blanche aurait été "formée" à simuler ses crises pour impressionner les visiteurs. Certains médecins étrangers, sceptiques, accusèrent Charcot de manipuler ses patientes pour asseoir sa réputation. D’autres insinuèrent que Blanche recevait des faveurs en échange de sa "performance".
Charcot, pourtant respecté, fut critiqué pour avoir transformé la psychiatrie en spectacle. L’affaire fit les choux gras des journaux parisiens, qui adoraient mêler science et scandale.
Après la mort de Charcot, Blanche fut transférée à l’Institut Curie… où elle travailla comme assistante en radiologie. Ironie du sort : elle développa une nécrose des bras due à l’exposition aux rayons X, et dut être amputée. Elle termina sa vie sans bras, mais avec une mémoire vive de ses années de gloire… et de convulsions.