POUPETIER



Le métier de poupetier à la Belle Époque en France
À la Belle Époque (environ 1870–1914), période de prospérité et d'effervescence culturelle en France, le métier de poupetier fabricant ou marchand de poupées occupait une place singulière dans l’univers artisanal et commercial. Voici un aperçu de son histoire et de son rôle à cette époque :
Définition : Le poupetier était un artisan spécialisé dans la fabrication ou la vente de poupées, souvent en porcelaine, cire, bois ou tissu.
Origines anciennes : Le métier remonte à plusieurs siècles, mais il prend une importance particulière au XIXe siècle avec l’essor de l’industrie du jouet.
Montée de la bourgeoisie : Avec l’augmentation du pouvoir d’achat, les familles bourgeoises achetaient des poupées comme objets d’éducation ou de luxe pour leurs enfants.
Expositions universelles : Les poupetiers exposaient leurs créations dans des salons et expositions, où les poupées étaient vues comme des œuvres d’art.
Paris, capitale du jouet : La ville devient un centre majeur de production et de commerce de poupées, attirant des clients du monde entier.
Poupées en biscuit (porcelaine non émaillée) : Très prisées pour leur réalisme et leur finesse.
Poupées articulées : Permettaient des mouvements plus naturels, souvent habillées avec soin.
Poupées éducatives : Utilisées pour enseigner les rôles sociaux aux jeunes filles (maternité, domesticité, etc.).
Belle Époque :
Cette période marque l’âge d’or des poupées françaises, notamment celles produites par des maisons renommées comme Jumeau, Bru ou Steiner.Le poupetier : artisan et commerçant
Fabrication artisanale : Le poupetier pouvait être sculpteur, couturier, peintre un métier aux multiples facettes.
Vente et distribution : Certains étaient aussi marchands, vendant leurs créations dans des boutiques spécialisées ou sur les marchés.
Cartographie du métier : Le métier était surtout répandu dans les grandes villes comme Paris, Lyon ou Marseille

Le poupetier de Montparnasse et ses poupées subversives
Dans les années 1890, un poupetier parisien du nom de Gaspard Virelou s’était fait une réputation dans le quartier de Montparnasse pour ses poupées d’un genre très particulier. Plutôt que de fabriquer des jouets classiques pour enfants, Gaspard créait des poupées caricaturales, inspirées des figures politiques, des bourgeois prétentieux et même des membres du clergé. Chaque poupée était une satire vivante, avec des traits exagérés, des postures ridicules et parfois des mécanismes qui les faisaient parler ou gesticuler de manière grotesque.
Mais ce qui fit vraiment scandale, c’est sa série de "poupées à scandale", vendues sous le manteau dans les cafés littéraires et les cabarets. L’une d’elles représentait un ministre bien connu, affublé d’un tutu rose et d’un monocle, dans une posture suggestive. Une autre imitait une célèbre cantatrice, avec un mécanisme qui la faisait chanter faux à chaque pression sur le ventre.
Ces créations firent fureur dans les cercles bohèmes, mais attirèrent aussi l’attention des autorités. Un jour, la police fit irruption dans son atelier, pensant y trouver des objets subversifs. Gaspard, rusé comme un renard, avait caché ses poupées les plus provocantes dans des caisses marquées "jouets pour orphelinats". Résultat : les policiers repartirent bredouilles, et Gaspard gagna en notoriété.