POSTILLON


Le métier de postillon à la Belle Époque en France
Le postillon était une figure emblématique du transport routier avant l'avènement du chemin de fer et de l'automobile. À la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle), bien que le métier ait commencé à décliner, il restait encore présent dans certaines régions rurales ou pour des usages spécifiques.
Le postillon guidait les voyageurs d’un relais de poste à un autre.
Il montait l’un des chevaux (généralement celui de gauche) de l’attelage, contrairement au cocher qui conduisait depuis la voiture.
Il accompagnait les voyageurs sur une distance d’environ deux lieues (8 km), puis ramenait les chevaux à son relais d’origine après un repos.
Il utilisait un cor de poste pour signaler son arrivée, prévenir les passages dangereux ou demander l’ouverture des portes de ville la nuit.
Dès les années 1770, les postillons portaient un uniforme, dont la couleur variait selon le régime politique : vert sous l’Empire, bleu sous la monarchie.
Bien que leur travail fût rude (exposition aux intempéries, longues heures à cheval), ils étaient souvent perçus comme des personnages joviaux, amateurs de plaisanteries et de boissons.
Conditions de travail
Ils portaient de grandes bottes de cuir bouilli, fixées sur les flancs du cheval, qui les protégeaient en cas de chute. Ces bottes étaient si rigides qu’il était impossible de marcher avec.
Le rythme du voyage était fixé par le postillon, et il était interdit de lui demander d’accélérer sauf à payer une « double poste ».
Le métier a connu son apogée au XVIIIe siècle avec l’expansion du réseau de postes aux chevaux : environ 8 000 postillons vers 1850.
À la Belle Époque, le développement du chemin de fer et des automobiles a progressivement rendu leur rôle obsolète, bien que certains aient continué à exercer dans des zones reculées ou pour des services particuliers.

Le postillon et la duchesse fugueuse
Vers 1898, dans les environs de Tours, un jeune postillon nommé Émile, réputé pour sa maîtrise des attelages et son sourire enjôleur, se voit confier une mission inhabituelle : conduire une berline de luxe vers Bordeaux, sans poser de questions. À bord, une mystérieuse dame voilée, élégamment vêtue, refuse de parler, sauf pour exiger la plus grande discrétion.
Intrigué mais professionnel, Émile mène l’attelage à vive allure, évitant les auberges trop fréquentées et les curieux. Mais à mi-chemin, alors qu’ils s’arrêtent dans une petite halte pour changer les chevaux, la dame retire son voile… et révèle être la duchesse de Montferrand, en fuite pour échapper à un mariage arrangé avec un baron ennuyeux.
Émile, pris entre son devoir et le charme de la duchesse, accepte de l’aider à rejoindre un ami artiste à Bordeaux. Mais les gendarmes, alertés par le fiancé éconduit, les poursuivent. S’ensuit une course folle à travers les vignobles, où Émile use de son habileté légendaire pour semer les poursuivants, passant par des chemins de traverse et même une traversée audacieuse d’un gué en crue.
Finalement, ils atteignent Bordeaux, et la duchesse, reconnaissante, offre à Émile une coquette somme… et un baiser volé. Il refusera la récompense, préférant garder le souvenir d’une aventure digne des romans feuilletons.