PORTEUR DE CHAISE



La chaise à porteurs était une cabine fermée montée sur deux brancards, portée par deux hommes. Elle permettait aux personnes de qualité de se déplacer sans se salir dans les rues souvent boueuses.
Elle fut introduite en France au début du XVIIe siècle, notamment grâce à Marie de Médicis qui accorda en 1617 un privilège pour organiser un service de chaises à bras dans Paris.
Ce moyen de transport était très prisé par les dames de la haute société, qui pouvaient ainsi se déplacer sans poser le pied dans la rue.
Les porteurs formaient une corporation organisée, avec des tenues spécifiques (souvent noires ou rouges) et des stations où l’on pouvait louer une chaise et ses porteurs, comme on louerait un fiacre.
Le métier exigeait une bonne condition physique, de la coordination, et parfois une connaissance des quartiers pour naviguer efficacement.
À partir du XIXe siècle, avec l’apparition des fiacres (voitures tirées par des chevaux) puis des automobiles, la chaise à porteurs devint obsolète.
À la Belle Époque, elle n’était plus qu’un objet décoratif ou de collection, parfois transformée en meuble comme une vitrine ou un vaisselier.
Héritage culturel
Des chaises à porteurs sont encore visibles dans des musées ou des collections privées, comme au château de Parentignat.
Elles sont étudiées pour leur esthétique et leur artisanat : menuiserie, dorure, sculpture… Elles mobilisaient les mêmes savoir-faire que les carrosses.

Le porteur de chaise et la duchesse en fuite
Imagine Paris vers 1900. Les rues sont boueuses, les fiacres encombrent les boulevards, et les dames de la haute société refusent de salir leurs escarpins. C’est là qu’interviennent les porteurs de chaise, ces costauds discrets qui transportent les élégantes dans des cabines fermées, comme des taxis humains.
Un jour, un porteur nommé Jules, habitué à servir les clientes du quartier de l’Opéra, reçoit une commande urgente : une duchesse veut quitter le bal masqué du Ritz sans être vue. Elle monte dans la chaise, voilée, parfumée, et surtout... accompagnée d’un jeune homme qui n’est pas son mari.
Jules, flairant le scandale, décide de prendre un raccourci par les jardins du Palais-Royal. Mais voilà : une roue du fiacre d’un journaliste bloque le passage. La duchesse, paniquée, sort la tête de la cabine pour protester… et se fait photographier par le reporter, qui croyait avoir capté une scène de théâtre.
Le lendemain, le cliché fait la une d’un journal satirique. Le mari découvre la supercherie. Le jeune amant est exilé en province. Et Jules Il devient le porteur le plus demandé de Paris, réputé pour ses trajets “express et discrets”… sauf quand les paparazzis s’en mêlent.