POINCONNEUR


Le métier de poinçonneur à la Belle Époque en France
Le poinçonneur est une figure emblématique du métro parisien, mais son apparition ne coïncide pas exactement avec la Belle Époque (environ 1871–1914). Voici un aperçu de son histoire et de son rôle dans le contexte urbain du début du XXe siècle :
Le métro parisien a été inauguré en 1900, en pleine Belle Époque, mais les poinçonneurs n’ont pas été présents dès le début.
À l’origine, le contrôle des billets était assuré par plusieurs agents : un à l’entrée, un à la sortie, et des contrôleurs dans les wagons.
Ce système, jugé peu pratique, a évolué vers un modèle plus simple où un seul agent le poinçonneur compostait les billets à l’entrée.
Le poinçonneur utilisait un poinçon métallique pour perforer les tickets de transport.
Il devait aussi vérifier la tarification du billet d’un simple coup d’œil, ce qui n’était pas évident à une époque où les tickets variaient selon la classe, le trajet, et les réductions (étudiants, mutilés de guerre, familles nombreuses).
Il était souvent posté dans une loge métallique
Héritage culturel
Le métier a été immortalisé par Serge Gainsbourg dans sa chanson Le Poinçonneur des Lilas (1959), qui évoque la monotonie du travail : « Des p’tits trous, des p’tits trous, toujours des p’tits trous… »
Ce refrain est devenu une métaphore de la routine urbaine et du travail invisible mais essentiel.
L’arrivée de la bande magnétique dans les années 1960 et la généralisation des tourniquets automatiques ont rendu le poinçonneur obsolète.
Le dernier poinçonneur parisien a disparu en 1973, marquant la fin d’un métier emblématique du XXe siècle.

Le poinçonneur du Métro et l’affaire des billets parfumés
En 1903, alors que le métro parisien venait tout juste d’ouvrir ses premières lignes, les poinçonneurs étaient les gardiens du passage : postés à l’entrée des stations, ils perçaient les billets des voyageurs avec une précision quasi militaire. Mais à la station Opéra, un poinçonneur nommé Émile Dufresne devint malgré lui le héros d’un petit scandale mondain.
Pendant plusieurs semaines, Émile remarqua que certains billets qu’il poinçonnait étaient subtilement parfumés une fragrance florale, délicate, presque enivrante. Intrigué, il commença à les collectionner discrètement, les glissant dans son veston. Ce détail aurait pu passer inaperçu… si Émile n’avait pas eu la mauvaise idée de se vanter de sa “collection olfactive” dans un café fréquenté par des journalistes.
Le scandale éclate
Un chroniqueur du Petit Journal, flairant une histoire, publia un article intitulé “Les billets parfumés du Métro : mystère ou coquetterie”. L’affaire fit grand bruit. On spécula sur une espionne russe, une courtisane en cavale, voire une opération de séduction orchestrée par une maison de parfums.
La vérité fut bien plus charmante : une jeune modiste du quartier, Madeleine V., utilisait son billet de métro comme carte de visite improvisée. Elle parfumait ses billets avec son propre flacon de violette avant de les remettre au poinçonneur, espérant attirer son attention. Émile, touché, retrouva Madeleine grâce à l’article… et l’invita à dîner. Ils se marièrent deux ans plus tard.