PLOMBIER



Du plomb à la plomberie : Le mot « plombier » vient du latin plumbarius, celui qui travaille le plomb (plumbum). Historiquement, les plombiers manipulaient ce métal pour les toitures, les conduites d’eau et les ornements.
Corporation et reconnaissance : Le métier s’est détaché de celui des couvreurs dès le XVIe siècle, avec des statuts officiels accordés par Henri III en 1548, puis renouvelés par Louis XIV en 1648.
Urbanisation et hygiène : Cette période voit une forte croissance urbaine. L’arrivée de l’eau courante dans les immeubles et le développement des réseaux d’égouts transforment le rôle du plombier en acteur clé de la santé publique.
Plomberie d’art : Les plombiers ne se contentent pas de poser des tuyaux. Ils participent à des œuvres décoratives, notamment sur les toits : girouettes, épis, paratonnerres en plomb repoussé ou coulé. Ces éléments sont parfois dessinés par des architectes comme Viollet-le-Duc.
Métaux variés : Le XIXe siècle introduit l’usage de métaux comme le fer, le cuivre et l’étain, en plus du plomb. Les plombiers doivent maîtriser la soudure, le façonnage et la pose de ces matériaux.
Conditions de travail et formation
Apprentissage rigoureux : Un maître plombier ne pouvait avoir qu’un seul apprenti, formé pendant quatre ans. La journée de travail s’étendait de 5h à 20h, soit 12 heures de labeur.
Polyvalence exigée : Le plombier intervenait aussi bien en sous-sol qu’en toiture, sur les conduites d’eau, les systèmes de chauffage, et parfois même sur les installations de gaz.
Confort moderne : À la Belle Époque, la plomberie devient synonyme de confort bourgeois. Les salles de bains, les cuisines équipées et les toilettes à chasse d’eau se généralisent dans les immeubles haussmanniens.
Hygiène et santé : Le métier contribue à l’amélioration de l’hygiène urbaine, en réduisant les maladies liées à l’eau stagnante ou aux installations insalubres.

Le Plombier et la Duchesse : un malentendu parfumé
Vers 1905, dans un hôtel particulier du 16e arrondissement de Paris, la duchesse de Montferrand se plaignait d’un problème de plomberie dans sa salle de bain récemment installée une merveille d’art nouveau avec robinetterie en cuivre poli et baignoire sur pieds de lion.
Elle fit appeler Gaston Lemoine, un jeune plombier réputé pour son efficacité… mais aussi pour son physique avantageux, ce qui n’échappait pas aux dames de la haute société. Gaston arriva, vêtu de sa salopette, les outils à la main, et fut conduit dans la salle de bain par la gouvernante.
Pendant qu’il inspectait les tuyaux, la duchesse entra, vêtue d’un peignoir de soie, pensant qu’il s’agissait du masseur suédois qu’elle avait également convoqué ce jour-là. Elle s’installa sur le bord de la baignoire et lui dit d’un ton langoureux :
« Vous pouvez commencer par les épaules, j’ai une tension terrible… »
Gaston, interloqué mais pas mécontent, posa sa clé à molette et commença à masser, pensant que c’était une coutume étrange de la noblesse. Ce n’est qu’au bout de dix minutes, lorsque le véritable masseur arriva, que le quiproquo fut révélé.
La duchesse, d’abord outrée, éclata de rire en découvrant la méprise. Elle offrit à Gaston un verre de cognac et lui demanda de revenir… pour les tuyaux, bien sûr. Mais on raconte qu’il revint plusieurs fois, et pas toujours avec sa boîte à outils.