PLACEUR DE QUILLES


Le métier de placeur de quilles à la Belle Époque en France
À la Belle Époque (fin XIX – début XX siècle), le bowling était une activité populaire dans certaines villes françaises, notamment dans les salles de jeux ou les cercles de loisirs. Avant l’arrivée des systèmes automatiques, le rôle du placeur de quilles était essentiel.
Fonction principale : Remettre en place les quilles après chaque lancer de boule.
Profil typique : Souvent des adolescents ou jeunes hommes issus de milieux modestes.
Conditions de travail : Bruyantes, fatigantes, parfois dangereuses (risque de recevoir une boule mal lancée).
Rémunération : Faible, mais c'était un moyen d’avoir un revenu d’appoint et un premier contact avec le monde du travail.
Avant 1936 : Pas de mécanisation. Tout était fait manuellement.
Après 1936 : Apparition du pinsetter (machine à remettre les quilles), qui a progressivement rendu le métier obsolète.
Lieu d’exercice : Salles de bowling, cercles sportifs, parfois dans des cafés ou lieux de loisirs urbains.
Disparition du métier
Cause principale : Automatisation des pistes de bowling.
Conséquence : Le métier a disparu au cours du XXᵉ siècle, rejoignant la liste des professions oubliées comme les allumeurs de réverbères ou les crieurs publics .
Ce métier est aujourd’hui un symbole de l’évolution technique et sociale, et il illustre bien les petits boulots qui formaient le tissu économique de la Belle Époque.

Le scandale des quilles du Jardin de l’Étoile
En 1903, au Jardin de l’Étoile, un parc huppé du 16e arrondissement de Paris, les dames en corsets et les messieurs en redingotes se pressaient chaque dimanche pour admirer les parties de quilles organisées par le très charismatique placeur, Aristide Lemarchand. Ancien acrobate reconverti, il avait le don de replacer les quilles avec une précision presque chorégraphique, ce qui lui valut le surnom de “le danseur des quilles”.
Mais Aristide cachait un secret.
Un jour, alors qu’un riche industriel lançait sa boule en ivoire, celle-ci dévia étrangement et renversa toutes les quilles… sauf une. L’homme, furieux, exigea une nouvelle partie. À la troisième tentative, même scénario : la même quille restait debout, comme par magie.
Intriguée, une journaliste du Petit Journal, présente incognito, observa Aristide de plus près. Elle découvrit qu’il avait discrètement fixé un petit aimant sous la quille récalcitrante… et que la boule du riche industriel contenait une pièce métallique. Un sabotage magnétique, orchestré pour humilier les bourgeois trop arrogants !
Le scandale éclata. Aristide fut renvoyé, mais devint une légende dans les cercles populaires. On raconte qu’il ouvrit ensuite un cabaret à Montmartre où il présentait des numéros de quilles dansants, et où l’on pouvait boire un “Coup de Boule” un cocktail à base de cognac et de mystère.