PHARMACIEN




Jusqu’au XVIIIe siècle, les pharmaciens étaient appelés apothicaires, souvent confondus avec les épiciers.
En 1777, un décret de Louis XVI officialise le titre de pharmacien, distinguant clairement cette profession de celle des médecins et des commerçants.
La loi du 21 germinal an XI (1803) structure la profession moderne : monopole de la vente de médicaments, diplôme obligatoire, et création des premières écoles de pharmacie.
Profession libérale : Le pharmacien est un professionnel de santé indépendant, titulaire d’un diplôme de docteur en pharmacie.
Officine réglementée : Chaque pharmacie est dirigée par un pharmacien diplômé, inscrit à l’Ordre des pharmaciens (créé en 1945, mais les règles déontologiques existaient déjà).
Responsabilité individuelle : Le pharmacien est responsable de ses préparations et de la qualité des produits vendus.
Pratiques et innovations
Les pharmacies de l’époque étaient de véritables laboratoires artisanaux : on y préparait des poudres, sirops, pommades, teintures, etc.
Les remèdes étaient souvent à base de plantes médicinales, mais la chimie commençait à s’imposer avec l’apparition des premières molécules de synthèse.
Le pharmacien jouait aussi un rôle de conseiller médical, surtout dans les zones rurales où l’accès aux médecins était limité.
La croix verte, aujourd’hui emblème des pharmacies, commence à remplacer la croix rouge à la fin du XIXe siècle.
Le caducée pharmaceutique (coupe d’Hygie avec serpent) devient un symbole officiel en France dès 1820, renforçant l’identité professionnelle.
Le pharmacien dans la société
À la Belle Époque, le pharmacien est une figure respectée, souvent vue comme un notable local.
Il incarne la modernité scientifique dans un monde encore marqué par les croyances populaires et les remèdes traditionnels.

Dans le quartier chic de Passy, un certain Pharmacien Émile Drouet tenait une officine réputée non seulement pour ses onguents miraculeux, mais aussi pour ses conseils... disons, intimes. Émile avait mis au point une "poudre aphrodisiaque" qu’il vendait sous le nom évocateur de “Élixir de Vénus”, censée raviver les passions dans les couples bourgeois un peu refroidis.
Mais voilà qu’un jour, la comtesse de L., cliente fidèle, accuse Émile d’avoir causé un véritable scandale mondain : son mari, après avoir ingéré ladite poudre, aurait été surpris en pleine étreinte avec la gouvernante, dans les serres du jardin d’hiver, en plein après-midi. L’affaire fait grand bruit dans les salons parisiens.
Émile est convoqué devant le tribunal pour “pratique pharmaceutique non conforme” et “incitation à la débauche”. Mais lors du procès, il se défend avec brio, affirmant que son élixir n’était qu’un mélange de cannelle, de gingembre et de sucre rien de médical, juste un placebo saupoudré de marketing.
Le juge, amusé, conclut que “si la passion renaît grâce à une pincée de sucre, alors Paris ne s’en portera que mieux.” Émile est acquitté, et son poudre devient un best-seller dans les officines de la capitale.