PEPINIERISTE




Le métier de pépiniériste en France à la Belle Époque : un art entre tradition et innovation
À la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle), le métier de pépiniériste en France connaît une période de grande effervescence, portée par l’essor de l’horticulture, le goût croissant pour les jardins paysagers, et les échanges botaniques internationaux.
La Belle Époque est marquée par une fascination pour la nature, l’exotisme et l’embellissement des espaces urbains et privés.
Les jardins deviennent des lieux de prestige et de rêverie, influencés par les styles anglais, pittoresques ou exotiques.
Le métier de pépiniériste s’inscrit dans cette dynamique, en fournissant les végétaux nécessaires à ces aménagements.
Le rôle du pépiniériste
Le pépiniériste cultive des jeunes plants d’arbres, arbustes, fruitiers et plantes ornementales destinés à être replantés ou greffés.
Il maîtrise des techniques comme le semis, le bouturage, la marcotte et la greffe.
Il joue aussi un rôle de conseiller auprès des jardiniers, paysagistes et propriétaires.
Une dynastie emblématique : les Baumann de Bollwiller
Fondées vers 1735 par Jean Baumann en Alsace, les Pépinières Baumann atteignent leur apogée au XIXe siècle.
Elles se distinguent par la production de plantes rares et exotiques, diffusées dans toute l’Europe.
Leur activité s’étend à la conception de jardins pittoresques, notamment en Alsace et en Suisse.
Leur influence sur le goût des jardins et l’horticulture française est considérable.
Michel Traversat a consacré une thèse à l’histoire des pépinières françaises, couvrant les XVIIe au XIXe siècles, avec un tour de France des producteurs et une analyse des catalogues de plantes.
Les archives des sociétés d’horticulture et les catalogues anciens sont des ressources précieuses pour comprendre l’évolution du métier.

Le scandale des roses de Montreuil (fiction historique inspirée)
À Montreuil, aux portes de Paris, vers 1902, vivait un pépiniériste renommé nommé Gaspard Lemoine, célèbre pour ses rosiers aux couleurs inédites. Il avait mis au point une variété de rose d’un bleu pâle presque irréel, qu’il appelait “La Mystique”. Cette fleur devint rapidement la coqueluche des salons parisiens, prisée par les dames de la haute société.
Mais derrière les pétales se cachait un secret bien plus piquant…
Un journaliste du Petit Journal, intrigué par le succès fulgurant de Gaspard, décida de mener l’enquête. Il découvrit que La Mystique n’était pas une création botanique française, mais une variété japonaise volée lors de l’Exposition universelle de 1900. Gaspard l’avait ramenée clandestinement, l’avait hybridée légèrement, et l’avait rebaptisée pour masquer son origine.
Le scandale éclata dans les cercles horticoles. Les puristes crièrent au plagiat, les Japonais exigèrent des excuses diplomatiques, et Gaspard fut temporairement banni de la Société nationale d’horticulture.
Mais comme souvent à la Belle Époque, le scandale ne fit qu’amplifier la renommée de la rose. Les commandes affluèrent de toute l’Europe. Gaspard, rusé, rebaptisa sa pépinière “Les Roses du Monde” et devint millionnaire… tout en continuant à cultiver ses fleurs dans le plus grand secret, derrière des murs couverts de miroirs pour décourager les curieux.