PEINTRE EN BATIMENT



Période : environ 1870–1914, marquée par l’optimisme, l’essor industriel, les progrès techniques et une floraison artistique.
Urbanisation : Paris et les grandes villes françaises se transforment avec les grands travaux haussmanniens, les immeubles bourgeois, les théâtres, les gares… autant de chantiers pour les peintres en bâtiment.
Esthétique dominante : Art nouveau, avec ses courbes végétales, ses couleurs audacieuses et ses décors muraux raffinés.
Fonctions principales :
Application de peintures décoratives et protectrices sur les murs, plafonds, boiseries et ferronneries.
Pose de papiers peints, très en vogue dans les intérieurs bourgeois.
Travaux de dorure, faux marbres, faux bois, stuc et autres effets décoratifs.
Techniques utilisées :
Peinture à l’huile, à la détrempe, à l’encaustique.
Utilisation de pigments naturels et métalliques (bronze, argent, or).
Apparition de la peinture en pot ou en tube, facilitant le travail sur chantier.
Outils et matériaux :
Brosses, pinceaux, rouleaux rudimentaires.
Échafaudages en bois.
Pigments broyés manuellement ou achetés chez des fournisseurs spécialisés.
Image du peintre : souvent perçu comme un artisan joyeux, parfois caricaturé comme un “artiste raté”.
Syndicalisation : création de chambres syndicales pour défendre les droits des ouvriers peintres, notamment contre les risques liés à l’usage du plomb.
Formation : apprentissage sur le tas ou via des manuels spécialisés comme celui de Riffault et Vergnaud (1843).
Influence artistique et culturelle
Les peintres en bâtiment sont les héritiers des imagiers médiévaux et des décorateurs classiques, parfois admis à l’Académie royale comme représentants d’un art décoratif essentiel.
Ils participent à la mise en valeur des bâtiments publics et privés, contribuant à l’“honneur des villes et à la gloire du royaume”, selon Henri III dès 1582

Le peintre, le baron et le mur qui parle
Dans le Paris de 1903, un peintre en bâtiment du nom de Gaston Lemoine, connu pour son habileté à manier les couleurs et son goût pour les potins, se vit confier un chantier dans un hôtel particulier du Baron de Villedieu, un aristocrate excentrique passionné d’art moderne.
Le baron, récemment revenu d’un séjour à Vienne, voulait que ses murs soient peints dans un style audacieux, presque provocateur. Gaston, flairant l’occasion de se faire un nom, proposa une teinte de vert absinthe mêlée à des motifs floraux inspirés de Klimt. Le baron accepta… mais à une condition : Gaston devait peindre nu, pour "ne pas entraver la pureté du geste artistique".
Le peintre, d’abord choqué, accepta contre une généreuse prime. Chaque jour, il arrivait à l’hôtel particulier, vêtu seulement d’un tablier, et peignait sous les regards amusés des domestiques. Mais ce n’est pas tout…
Un soir, alors qu’il travaillait tard, Gaston entendit des murmures derrière le mur fraîchement peint. Intrigué, il découvrit une porte secrète dissimulée derrière une couche de plâtre. En l’ouvrant, il tomba sur une pièce remplie de tableaux volés, dont certains signés Toulouse-Lautrec et Degas.
Le scandale éclata : le baron était en réalité à la tête d’un réseau de recel d’œuvres d’art. Gaston, devenu malgré lui héros national, fut invité à exposer ses propres fresques au Salon des Indépendants. Et depuis, on raconte que dans certains hôtels particuliers parisiens, les murs peints par Gaston chuchotent encore des secrets…