PAVEUR


Le métier de paveur remonte au Moyen Âge, où il était une spécialisation des maçons.
En 1502, la profession est officiellement reconnue à Paris avec la création d'une corporation dédiée. Un apprentissage de trois ans était requis pour accéder au statut de maître paveur.
Les paveurs formaient une confrérie placée sous la protection de Saint Roch et Saint Sébastien.
Cette période voit une forte urbanisation, notamment à Paris, avec l’héritage des grands travaux haussmanniens.
Les paveurs sont essentiels pour l’aménagement des rues, des places et des trottoirs, utilisant principalement des pavés en granit ou en pierre.
Leur travail ne se limite pas à poser des pierres : ils doivent assurer un nivellement parfait, une pente réglementaire pour l’écoulement des eaux, et une esthétique harmonieuse.
Techniques et savoir-faire
Les pavés sont taillés avec précision, souvent en forme de carreaux, et posés sur une couche de sable.
Les paveurs de la Belle Époque maîtrisent des motifs complexes pour embellir les espaces publics, notamment dans les grandes villes comme Paris.
Malgré l’arrivée de nouveaux matériaux comme le béton et l’asphalte, les pavés en pierre restent prisés pour leur durabilité et leur charme.
Le métier est physique et exigeant, mais reconnu pour son savoir-faire.
Les paveurs travaillent souvent en équipe, sous la supervision de maîtres paveurs.
À Paris, les bourgeois étaient responsables de l’entretien du pavé devant leur maison, mais faisaient appel à des professionnels pour les travaux.

Le pavé de la discorde : l’affaire du pavéur amoureux
Dans le Paris de 1903, un certain Gaston Lemoine, pavéur de son état, travaillait sur la réfection de la rue Montorgueil. Ouvrier robuste, moustachu, et réputé pour son coup de pelle aussi précis que son coup de foudre, Gaston tomba éperdument amoureux d’une modiste nommée Clémence, dont la boutique donnait sur le chantier.
Chaque jour, il lui offrait un pavé gravé d’un mot doux une déclaration taillée dans la pierre, littéralement. Clémence, flattée mais prudente, ne répondait pas… jusqu’au jour où elle accepta de dîner avec lui.
Mais voilà : le contremaître, jaloux de Gaston (et secrètement épris de Clémence lui aussi), fit pression pour que Gaston soit muté sur un autre chantier, loin du quartier. Gaston, furieux, décida de se venger… en posant les pavés en forme de cœur devant la boutique de Clémence, en pleine nuit.
Le lendemain, les passants furent stupéfaits : un cœur de pavés au milieu de la rue ! Les journaux s’emparèrent de l’affaire, titrant : « Le pavé de l’amour : quand les rues parlent de passion »
La mairie, d’abord furieuse, finit par céder devant l’engouement populaire. Gaston fut réintégré, Clémence devint une célébrité locale, et les amoureux furent mariés quelques mois plus tard… sur ce même cœur de pavés.