PASSEMENTIER




La passementerie désigne l’art de fabriquer des ornements textiles raffinés à partir de fils de soie, de coton, de lin, voire de métaux précieux. Cela inclut :
Franges, galons, tresses, pompons, embrasses
Cordons, soutaches, brandebourgs
Boutons décoratifs et ornements pour vêtements, meubles, rideaux
Moyen Âge : Les premiers artisans (laceurs, crépiniers, dorelotiers) produisent des éléments décoratifs à la main
XVIe siècle : Création de la communauté des passementiers, séparée des tissutiers. Statuts officiels en 1559 sous le prévôt Martin de Bragelonne
Louis XIV : Apogée de la passementerie avec l’usage d’or et d’argent dans les décors royaux. Les ciels de lits, coussins et rideaux sont abondamment ornés
Empire & Second Empire : Exubérance décorative, invention du métier Jacquard, démocratisation du cotonLa
Belle Époque (env. 1870–1914)
Durant cette période :
La passementerie est omniprésente dans les intérieurs bourgeois : rideaux à embrasses, sièges capitonnés, miroirs encadrés de franges
Elle incarne le raffinement et le luxe dans la mode et l’ameublement
Les maisons artisanales comme Declercq Passementiers perpétuent le savoir-faire depuis 1852
Malgré l’essor de la production industrielle, les passementiers défendent le travail manuel, gage de qualité et d’élégance
À la Belle Époque, le métier de passementier oscille entre tradition et modernité :
Artisanat d’orfèvre : chaque pièce est minutieusement tissée, nouée ou brodée
Défis industriels : la mécanisation menace les ateliers manuels, mais certains résistent en valorisant le luxe sur mesure
Utilisation élargie : des éléments de passementerie apparaissent aussi dans des objets utilitaires comme les bretelles ou les ceintures

Le Ruban de Minuit : Une histoire croustillante de passementerie à la Belle Époque
À Lyon, capitale de la soie et des rubans, vivait en 1903 un passementier renommé : Émile Vautrin, maître dans l’art de tisser des merveilles pour les maisons de haute couture parisiennes. Son atelier, niché dans une traboule discrète du quartier Croix-Rousse, était réputé pour ses galons brodés d’or et ses pompons si délicats qu’on disait qu’ils faisaient rougir les dames.
Mais Émile n’était pas seulement un artisan de génie… il était aussi l’amant secret de la comtesse de Montferrand, une aristocrate fantasque connue pour ses toilettes extravagantes et ses soirées décadentes.
Un soir d’hiver, la comtesse lui commande un ruban très particulier : un passement noir bordé de fil d’argent, à porter autour de sa cuisse, caché sous sa robe lors d’un bal masqué à l’Opéra Garnier. Elle lui murmure :
« Ce ruban, mon cher Émile, portera un secret que seul toi et moi connaîtrons. »
Intrigué, Émile tisse le ruban avec soin, y insérant une micro-lettre brodée en morse, révélant l’identité d’un diplomate français corrompu, que la comtesse voulait faire chanter. Le ruban devient l’objet d’un jeu de pouvoir, de séduction et de trahison.
Mais voilà : un jeune apprenti, curieux et jaloux, découvre le secret et vend l’information à un journaliste du Petit Journal. Le scandale éclate. Le diplomate est démis de ses fonctions, la comtesse s’exile à Venise, et Émile… ouvre une boutique de luxe à Paris, où les dames viennent acheter ses rubans en espérant y cacher leurs propres secrets.