PARCHEMINIER


Le métier de parcheminier en France à la Belle Époque
À la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle), le métier de parcheminier était déjà en déclin, mais il portait encore les traces d’une longue tradition artisanale remontant au Moyen Âge. Voici un aperçu de son histoire et de son évolution à cette période :
Les parcheminiers fabriquaient du parchemin à partir de peaux d’animaux (mouton, chèvre, veau), un support d’écriture utilisé avant la généralisation du papier.
À Paris, dès le XIIIe siècle, ils étaient étroitement liés à l’Université, qui contrôlait la qualité du parchemin destiné aux manuscrits et imposait des taxes sur sa production.
Leur confrérie était dédiée à Saint Jean l’Évangéliste, et ils formaient une communauté de métier organisée avec des jurés et des règlements stricts.
Bien que le papier ait largement remplacé le parchemin, ce dernier restait utilisé pour certains actes officiels, notamment grâce à une obligation légale d’utiliser du parchemin timbré pour des documents administratifs.
Cette obligation, imposée par la monarchie, a permis au métier de survivre jusqu’au XVIIIe siècle et même au-delà, en dépit de la baisse de la demande.
À la Belle Époque, le métier était devenu rare, considéré comme un artisanat d’art, souvent pratiqué par quelques spécialistes dans les services d’archives ou pour des usages très spécifiques.
Le processus de fabrication impliquait plusieurs étapes : trempage des peaux, grattage, étirement sur un cadre, séchage et polissage.
Ce savoir-faire était transmis par apprentissage, avec des règles strictes sur la formation et l’exercice du métier, notamment à Toulouse où les maîtres jurés contrôlaient l’accès à la profession.
Le métier de parcheminier est aujourd’hui reconnu comme un métier d’art méconnu, souvent évoqué dans les encyclopédies anciennes comme celle de Diderot et d’Alembert.
Des lieux comme la Rue de la Parcheminerie à Paris témoignent encore de son importance historique.

Le parchemin volé du Faubourg Saint-Antoine
À Paris, vers 1897, dans le quartier du Faubourg Saint-Antoine bastion des artisans du cuir, du bois et du papier vivait un parcheminier réputé nommé Émile Vautrin. Il était l’un des rares à maîtriser encore l’art ancien du parchemin véritable, fabriqué à partir de peau de veau soigneusement traitée. Ses créations étaient prisées par les bibliophiles, les notaires, et même quelques occultistes en quête de supports mystiques.
Mais Émile avait un secret : il travaillait en cachette pour un cercle ésotérique appelé La Confrérie du Sceau d’Or, qui lui commandait des parchemins gravés de symboles alchimiques et de textes codés. Un soir d’hiver, alors qu’il venait de terminer un parchemin censé contenir la localisation d’un ancien trésor templier, son atelier fut cambriolé.
Le voleur, un certain Arsène Louvier, était un faussaire talentueux et ancien apprenti d’Émile, renvoyé pour avoir tenté de vendre des contrefaçons. Louvier savait que ce parchemin pouvait valoir une fortune… ou attirer des ennuis. Il le vendit à un antiquaire de Montmartre, qui l’exposa sans savoir ce qu’il contenait.
Quelques jours plus tard, l’antiquaire fut retrouvé inconscient, son échoppe saccagée, et le parchemin disparu. La rumeur courut que le document avait été récupéré par un membre de la Confrérie, et qu’il menait à une crypte secrète sous l’église Saint-Paul-Saint-Louis.
Émile, furieux mais discret, ne parla jamais publiquement de l’affaire. Mais dans les cercles occultes, on raconte encore que le parchemin du Faubourg aurait permis à quelques initiés de mettre la main sur un coffret contenant des manuscrits médiévaux… et une bague ornée d’un sceau inconnu.