PACQUEUR


Le métier de pacqueur à la Belle Époque en France
Le métier de pacqueur était un métier artisanal lié à la pêche et à la conservation du poisson, particulièrement actif dans les régions côtières de France. Voici un aperçu de son histoire et de son rôle durant la Belle Époque (environ 1870–1914) :
Le pacqueur était l’ouvrier chargé de trier et de mettre le poisson salé dans des barils pour sa conservation et son transport .
Ce travail se faisait souvent dans les ports ou les ateliers de salaison, notamment en Bretagne, où la pêche était une activité économique majeure.
La Belle Époque fut une période de croissance économique, d’industrialisation et d’essor des échanges commerciaux, y compris dans le secteur alimentaire.
Le poisson salé, comme la morue ou le hareng, était un aliment de base pour de nombreuses familles, surtout dans les classes populaires. Le pacqueur jouait donc un rôle essentiel dans cette chaîne alimentaire.
Statut et reconnaissance
Le terme "maître pacqueur" apparaît dans certains registres anciens, ce qui suggère une certaine reconnaissance ou spécialisation dans le métier.
Ce métier était souvent transmis de génération en génération, et les pacqueurs pouvaient être identifiés dans les registres paroissiaux et les recensements.
Le métier était surtout présent dans les régions maritimes comme la Bretagne, mais on le retrouve aussi dans d'autres zones côtières françaises.
Une carte interactive sur Geneanet montre l’évolution de sa fréquence entre 1600 et 2000, avec un pic d’activité au XIXe siècle.

Le Mystère des Barils de Harengs – Une Affaire Salée
À Boulogne-sur-Mer, vers 1902, le port grouille d’activité. Les pacqueurs — ces ouvriers spécialisés dans l’emballage du poisson travaillent à la chaîne, salant et empilant les harengs dans des barils en bois. L’exportation vers l’Allemagne et l’Angleterre est florissante, et les barils partent chaque jour par train.
Un matin, un contremaître découvre que plusieurs barils destinés à Hambourg dégagent une odeur... suspecte. En les ouvrant, surprise : au lieu de harengs bien rangés, on trouve des poissons pourris, des cailloux, et même... une botte en cuir ! L’affaire fait grand bruit dans le port.
On soupçonne rapidement un pacqueur nommé Léon, un gaillard connu pour son humour douteux et ses dettes de jeu. Il aurait remplacé les poissons par des déchets pour se venger d’un patron qui refusait de lui avancer son salaire. Mais l’enquête révèle un réseau plus vaste : plusieurs ouvriers, lassés des cadences infernales et des salaires misérables, auraient saboté des barils pour protester.
Le Dénouement
L’affaire est étouffée par les autorités locales pour éviter un scandale commercial. Léon est renvoyé, mais devient une légende dans les estaminets du port. On raconte qu’il aurait glissé un poisson farci de lettres satiriques dans un baril destiné au Kaiser lui-même..