MINEUR DE FOND




Le métier de mineur de fond en France à la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle) était à la fois emblématique du monde ouvrier et révélateur des conditions sociales de l’époque. Voici un aperçu captivant :
La France connaît une forte expansion industrielle, notamment dans les bassins houillers du Nord, du Pas-de-Calais, de la Lorraine et de la Loire.
Le charbon est essentiel à l’économie : il alimente les usines, les trains et le chauffage domestique.
Les mineurs descendent parfois à plus de 1000 mètres sous terre, dans des galeries sombres et étroites.
Le travail est physique, dangereux et épuisant : risques d’éboulements, de coups de grisou, de maladies pulmonaires comme la silicose.
Dès les années 1880, les mineurs commencent à s’organiser en syndicats pour revendiquer de meilleures conditions.
La loi du 8 juillet 1890 permet la nomination de délégués mineurs chargés de la sécurité.
En 1894, une loi impose aux compagnies minières d’assurer leurs ouvriers contre les accidents du travail.
Les premières caisses de secours et de retraite sont mises en place, bien que souvent insuffisantes.
Une loi de 1874 interdit aux filles de descendre au fond de la mine : elles travaillent "au jour", dans le triage ou la lampisterie.
Les enfants, parfois dès 10 ans, sont employés pour des tâches légères mais exposés aux mêmes dangers.
Les mineurs vivent dans des corons, cités ouvrières construites par les compagnies minières.
Une forte solidarité règne entre les familles de mineurs, renforcée par les luttes syndicales et les grèves (notamment celle de 1902 pour les retraites)
La journée de travail peut durer jusqu’à 10 heures, avec peu de pauses et une chaleur étouffante au fond.

Le cochon clandestin du fond
Dans une mine du bassin houiller du Nord, vers 1908, un mineur nommé Jules, connu pour son ingéniosité et son amour des cochonnailles, eut une idée aussi folle que gourmande : faire descendre un cochon vivant au fond de la mine pour l’engraisser à l’abri des taxes et des regards indiscrets.
Avec la complicité de ses camarades, il aménagea un petit enclos dans une galerie désaffectée, loin des yeux du contremaître. Chaque jour, les mineurs apportaient discrètement des restes de repas, des épluchures et même du charbon (le cochon semblait en raffoler, allez savoir pourquoi !). L’animal devint une mascotte souterraine, surnommée “Charbonnet”.