MATELASSIER




Le métier de matelassier à la Belle Époque en France était bien plus qu’un simple artisanat : c’était un pilier du confort domestique et un reflet des évolutions sociales et économiques de l’époque.
Le matelassier fabriquait et restaurait des matelas en laine, souvent associés aux sommiers tapissiers.
Ce métier, très répandu au XIXe siècle, était souvent exercé en couple, de manière itinérante : les artisans se déplaçaient de ferme en ferme ou travaillaient dans les cours d’immeubles, parfois même dans la rue.
Le matelas en laine, autrefois réservé à une élite, s’est démocratisé grâce à l’approvisionnement en laine bon marché depuis les colonies, notamment l’Afrique du Nord.
Le matelassier utilisait des gestes précis et un savoir-faire manuel pour créer des matelas naturels, sains et durables.
Chaque matelas était conçu sur mesure, selon les besoins de confort et d’esthétique du client.
Évolution à la Belle Époque
À cette période (fin XIXe – début XXe siècle), le métier de matelassier était omniprésent dans les villes et villages français.
L’essor industriel a permis l’apparition de nouveaux types de matelas, comme ceux à ressorts (breveté en 1855 et commercialisé dès 1865).
Malgré ces innovations, le matelas en laine restait très populaire pour sa qualité artisanale et son accessibilité.
Le métier de matelassier, bien que rarement représenté dans les arts, faisait partie intégrante du quotidien et de l’intimité des foyers.
Aujourd’hui, des ateliers comme Les Ateliers Le Briand perpétuent cette tradition et conservent la mémoire de ce savoir-faire.

À la fin du XIXe siècle, dans les rues animées de Paris, les matelassiers étaient des figures familières. Nomades et débrouillards, ils travaillaient souvent à ciel ouvert dans les cours d’immeubles, sous les porches, ou même sur les trottoirs. L’un d’eux, surnommé “Monsieur Faucher”, est devenu une petite légende locale. À 82 ans, il exerçait encore son métier à Limoges, livrant ses matelas à bord d’un side-car vintage, vêtu d’un béret et d’un large sourire. Il racontait qu’à l’époque, les matelassiers étaient parfois appelés à intervenir dans des maisons bourgeoises… où les matelas cachaient bien plus que de la laine : lettres d’amour, bijoux, voire des billets oubliés par des amants distraits.
ߒ¬ Une fois, en démontant un vieux matelas dans une demeure cossue, Faucher aurait découvert une correspondance secrète entre une comtesse et un jeune poète, soigneusement dissimulée dans la garniture. Plutôt que de la divulguer, il aurait glissé un mot dans le nouveau matelas : “Le cœur a ses cachettes que la laine ne peut étouffer.”