MARINIER



Le métier de marinier à la Belle Époque en France était bien plus qu’un simple travail : c’était un mode de vie, souvent familial, profondément lié aux rivières et canaux qui sillonnaient le pays.
Le métier de marinier, ou batelier, remonte à la navigation sur les rivières, bien avant l’ère industrielle.
Avec l’apparition des canaux au XIXe siècle, le transport fluvial s’est intensifié, et les familles entières ont commencé à vivre à bord des péniches.
À la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle), les mariniers jouaient un rôle crucial dans l’acheminement des marchandises, notamment pour l’industrie en plein essor.
Les mariniers vivaient dans des espaces restreints, souvent sans eau courante ni électricité jusqu’au milieu du XXe siècle.
Les enfants étaient parfois placés en internat, car les longs trajets rendaient l’accès à l’éducation difficile.
La vie Déclin et héritage
Le développement du chemin de fer puis de la route a progressivement réduit l’importance du transport fluvial.
Le métier est devenu plus marginal, mais il reste vivant dans certaines régions, notamment autour de Conflans-Sainte-Honorine, surnommée la "capitale de la batellerie".

Sur les bords de la Loire, vers 1850, les mariniers formaient une confrérie bien particulière : francs buveurs, bagarreurs, et parfois un peu trop charmeurs. Lors d’une escale à Nantes, un jeune marinier du quartier du Fresne, réputé pour ses talents de conteur et son goût pour les paris, aurait lancé un défi à ses compagnons : séduire une bourgeoise locale en se faisant passer pour un capitaine de navire marchand.
Le stratagème , Il emprunta la vareuse d’un cousin officier, se coiffa d’un béret bien droit, et s’inventa une cargaison de soie en provenance de Shanghai. La dame, intriguée par ce "capitaine exotique", l’invita à dîner. Mais au moment du dessert, un vrai capitaine entra dans la taverne… et reconnut la vareuse !
Résultat : le marinier fut démasqué, poursuivi dans les ruelles de Nantes, et finit par plonger dans la Loire pour échapper à la colère du capitaine. Il regagna sa gabarre trempé mais hilare, acclamé par ses compagnons qui le surnommèrent dès lors "le capitaine des eaux douces".