MARIN PECHEUR



Le métier de marin pêcheur à la Belle Époque en France était bien plus qu’une profession : c’était un mode de vie façonné par la mer, la tradition et les réalités sociales de l’époque. Voici un aperçu captivant de cette histoire :
La Belle Époque (1870–1914) : période de prospérité relative en France, marquée par des avancées technologiques, une vie culturelle foisonnante… mais aussi de fortes disparités sociales.
Les communautés littorales vivaient souvent dans la précarité, dépendant de la pêche pour leur subsistance.
Travail rude et dangereux : les marins partaient en mer parfois plusieurs semaines, affrontant les tempêtes et le froid, notamment sur les bancs de Terre-Neuve pour la pêche à la morue.
Conditions de vie austères : promiscuité à bord, alimentation simple (biscuit, viande salée, cidre), hiérarchie stricte sous l’autorité du capitaine.
Répartition des gains : l’armateur recevait 4/5 des profits, le reste était partagé entre l’équipage selon leur rôle.
Organisation et évolution
Transmission familiale : le métier se transmettait souvent de père en fils, avec des fratries entières de pêcheurs.
Diversité des profils : certains marins alternaient entre pêche et commerce, d’autres devenaient ostréiculteurs ou même propriétaires terriens.
Recrutement et formation : la formation se faisait à bord, sauf pour les capitaines qui fréquentaient les écoles d’hydrographie.
Pêche à la morue : dominante à l’époque, notamment depuis Saint-Malo, Fécamp ou Saint-Valery-en-Caux .
Autres espèces : hareng, sardine, maquereau… mais en moindre quantité.
Pêche à la baleine : pratiquée depuis Dunkerque ou Lorient, vers le Groenland ou les mers du Sud.
Les marins pêcheurs étaient souvent perçus comme des figures misérables, brutalisés physiquement et moralement.
Une sur-valorisation symbolique existait parfois, associée à la charité ou à des récits héroïques.

En 1902, au large de Concarneau, un jeune marin-pêcheur nommé Émile Douarnenez découvre dans ses filets un poisson aux couleurs étrangesbleu profond, avec une tache dorée sur les écailles. Rapidement, la rumeur court qu’il aurait pêché un "maquereau royal", un poisson supposément porteur de chance et de richesse.
Le village entier entre en ébullition. Certains veulent le cuisiner en civelle bénie pour l’offrir à l’évêque en échange de faveurs. D’autres exigent qu’on le relâche comme offrande à la mer pour assurer une bonne saison. Mais Émile, flairant l’aubaine, se rend à Paris pour le vendre aux Halles en prétendant avoir capturé une espèce rare et "miraculeuse".
Problème , Le poisson est exposé... et un vieux naturaliste le reconnaît comme un simple maquereau peint à la gouache par des farceurs de la criée, probablement pour piéger un novice.
Résultat : Émile rentre bredouille, couvert de honte mais aussi de gloire locale. L’histoire devient légende dans les ports bretons, et depuis, on surnomme les jeunes marins trop ambitieux des "Maquereaux Royaux"...