MARCHANDE DE GLACES



Contexte historique : La Belle Époque (1870–1914)
La Belle Époque est une période de prospérité, d’innovation et de raffinement en France. C’est aussi l’âge d’or des plaisirs urbains, des cafés, des promenades et… des douceurs glacées.
Origines lointaines : Les premières formes de glaces remontent à la Chine antique, mais leur arrivée en France s’est faite via l’Italie au XVIe siècle, notamment grâce à Catherine de Médicis.
Le Café Procope : En 1686, Francesco Procopio dei Coltelli ouvre à Paris le premier café-glacier, proposant plus de 80 parfums.
Professionnalisation :
Le terme "glacier" est reconnu vers 1800. À la fin du XIXe siècle, le métier s’organise avec la création du premier syndicat à Nice en 1905.Les marchandes de glaces ambulantes
Un métier saisonnier : À la Belle Époque, les marchandes de glaces travaillaient principalement l’été, vendant leurs produits dans les rues, les parcs ou près des plages.
Le charme ambulant : Elles transportaient des glacières portatives ou des charrettes décorées, souvent accompagnées de clochettes pour attirer les passants.
Clientèle populaire et bourgeoise : Les glaces étaient un luxe accessible, apprécié autant par les enfants que par les élégantes flâneuses du boulevard.
Glace naturelle : Jusqu’au début du XXe siècle, la glace était récoltée dans les Alpes ou importée de Norvège et stockée dans des glacières.
Révolution industrielle : L’arrivée des chemins de fer et des techniques de production de glace artificielle a permis une distribution plus large et régulièreProduits proposés
Sorbets et crèmes glacées : Les parfums populaires incluaient la vanille, le chocolat, le café, la fraise et le citron.
Cornets : Le cornet en biscuit apparaît au début du XXe siècle, facilitant la vente ambulante.
Les marchandes de glaces incarnaient une forme de modernité urbaine et de féminisation du commerce de rue.
Elles apparaissent dans les cartes postales, les romans et les tableaux de l’époque comme des figures pittoresques et joyeuses.

Le personnage : Clémence Dubois
Veuve à 32 ans, Clémence décide de vivre de sa passion : les douceurs glacées.
Elle installe un charmant kiosque en bois peint, orné de guirlandes de fleurs séchées.
Ses parfums sont audacieux pour l’époque : lavande-citron, absinthe-menthe, et surtout… vanille au poivre rose, sa spécialité secrète.
Un jour, un client élégant, aux gants de cuir et au monocle doré, goûte sa glace vanille-poivre rose et pâlit. Il revient chaque jour, toujours plus nerveux. Clémence découvre qu’il est inspecteur des douanes, et que son parfum contient un ingrédient rare : des fèves de tonka, interdites à l’importation à cause de leur teneur en coumarine.
Mais Clémence ne s’approvisionne pas à l’étranger… Elle cultive ses fèves en cachette dans le jardin suspendu d’un couvent abandonné, au sommet de la butte Montmartre.
L’inspecteur, tombé amoureux de Clémence, hésite entre son devoir et son cœur. Lors d’un bal costumé, il révèle tout à la préfecture… mais les dames de la haute société, folles de ses glaces, organisent une manifestation gourmande devant le ministère du Commerce.
Résultat Les fèves de tonka sont tolérées pour usage artisanal, et Clémence devient la fournisseuse officielle de glaces pour les salons de thé du Faubourg Saint-Honoré.