MARCHANDE DE COCO



Le métier de marchande de coco à la Belle Époque était un petit métier emblématique des rues de Paris et de Bruxelles, aujourd’hui disparu mais autrefois bien vivant et haut en couleur.
Le coco, aussi appelé « tisane » à ses débuts, est une boisson rafraîchissante faite d’eau citronnée et de bâtons de réglisse macérés.
Ce breuvage commence à être vendu dans les rues de Paris à la fin du XVIIIe siècle, notamment sur la place de Grève, par des vendeurs ambulants qui portaient leur fontaine sur le dos.
Le métier se développe tout au long du XIXe siècle, atteignant son apogée à la Belle Époque, avant de disparaître au début du XXe siècle.
Vêtu d’un tablier blanc, le marchand de coco portait une fontaine en tôle peinte sur le dos, avec des gobelets accrochés à la ceinture.
Il s’annonçait au son d’une clochette et criait des phrases typiques comme :
Il parcourait les boulevards, les promenades publiques, et les rues animées, ciblant les promeneurs assoiffés et les enfants.
Fonctionnement de la fontaine
La fontaine contenait deux compartiments : l’un pour la boisson au réglisse, l’autre pour rincer les gobelets (souvent avec la même eau toute la journée !).
Le marchand utilisait un bâton pour stabiliser sa fontaine lors des haltes, comme une troisième jambe.
Ce métier était considéré comme un gagne-petit, mais il faisait partie du folklore urbain, au même titre que les cris de Paris.
Des chansons ont même été écrites sur le marchand de coco, comme celles de Duval et Léon Jullien au XIXe siècle.
Une fontaine à coco est aujourd’hui exposée au musée Carnavalet à Paris, témoin de cette époque révolue.

La guerre du coco au Parc Monceau
Aux alentours de 1902, deux marchandes de coco tenaient leurs stands côte à côte aux abords du Parc Monceau à Paris. Elles vendaient une boisson très prisée en été : de l’eau sucrée parfumée à la réglisse ou au citron, servie bien fraîche dans des verres réutilisables. Mais leur rivalité allait bien au-delà du sucre...
L’une d’elles, surnommée "Joséphine Coco", avait pour tactique de flirter légèrement avec les promeneurs pour les attirer à son stand.
Sa concurrente, "Madame Léonie", plus âgée mais rusée, engageait de jeunes gamins pour crier : “Le vrai coco, c’est Léonie ! Le reste, c’est de la flotte !”
Un jour de juillet particulièrement torride, une dispute éclata : Joséphine accusa Léonie d’avoir mis du bicarbonate dans son eau pour qu’elle mousse et attire les badauds. Léonie répliqua en jetant un verre de coco sur la robe de sa rivale… qui riposta à grands cris, glaçons en main !
Des agents de la ville durent intervenir, mais les spectateurs applaudirent la scène comme au théâtre.
Ce petit fait divers fit les choux gras des gazettes populaires du quartier, qui parlaient de "la bataille des bulles" !
Ces vendeurs ambulants incarnaient l’esprit frondeur de Paris : modestes mais inventifs, proches du peuple, et toujours prêts à défendre leur petit empire avec panache.