MARCHAND DE PARAPLUIES


Le métier de marchand de parapluies à la Belle Époque en France était bien plus qu’un simple commerce de rue c’était une activité emblématique, notamment pour les Auvergnats, qui ont marqué les trottoirs parisiens de leur présence pittoresque.
Dès 1860, le métier de marchand de parapluies devient populaire parmi les émigrants du Cantal, en particulier à Paris.
Ces marchands étaient souvent ambulants, transportant leur marchandise dans un sac en bandoulière, proposant des parapluies neufs, usagés, et même des ombrelles en été.
Leur rôle ne se limitait pas à la vente : ils achetaient, réparaient et raccommodaient les parapluies, criant sous les fenêtres : « Qui a des parapluies déchirés à raccommoder ? ».
Le marchand de parapluies se distinguait par son costume rustique : habit de velours, souliers ferrés, et une propreté irréprochable malgré une allure peu élégante.
Contrairement aux Parisiens bourgeois, ces marchands affichaient leur métier à voix haute, dans une époque où le cri de rue était une forme de publicité vivante.Une migration vers Paris
Comme d'autres métiers modestes (porteurs d’eau, charbonniers, cochers), les marchands de parapluies convergeaient vers Paris, où la pluie et la densité urbaine assuraient une clientèle constante.
Le parapluie était aussi un objet romantique : combien d’idylles sont nées sous la pluie, grâce à un parapluie partagé entre deux inconnus ?
Un journaliste de l’époque aurait dit : « Il vend du vieux pour du neuf, il achète du neuf pour du vieux une boutade qui souligne les talents de négociateur de ces marchands.

Un marchand nommé Armand Giraud, installé à Montargis, avait une boutique réputée pour ses parapluies « incassables », vendus à prix d’or. Son astuce ? Il engageait des jeunes gens pour jouer les clients satisfaits en pleine rue. Ils ouvraient les parapluies en fanfare sous la pluie, les lançaient en l’air, les faisaient tomber devant les passants… et les récupéraient intacts, au grand étonnement des badauds.
Mais ce n’était qu’un tour bien ficelé : chaque « démonstrateur » disposait en réalité d’un modèle renforcé avec une structure en acier léger, bien plus solide que ceux réellement vendus aux clients. Les acheteurs découvraient trop tard que leur parapluie n’avait rien d’indestructible… et que la garantie était assortie de dix conditions impossibles à remplir.
Le rebondissement :
Une cliente, veuve de colonel, agacée par le mensonge, poursuivit Giraud devant le tribunal local. La presse locale s’empara de l’affaire, les caricaturistes s’en donnèrent à cœur joie, et Giraud fut surnommé « Le Charlatan de la pluie ». Il fut condamné à rembourser ses clients et à publier un encart d’excuses dans Le Journal de Loiret.
L’héritage :
Depuis, à Montargis, on raconte que si un commerçant commence à trop vanter ses produits, « il vend ses parapluies comme Giraud »…