MARBRIER



Le métier de marbrier à la Belle Époque en France était un artisanat noble et méticuleux, profondément enraciné dans l’histoire du bâtiment et des arts décoratifs. Voici un aperçu de son évolution et de son rôle à cette période :
Le métier de marbrier remonte à l’Antiquité, mais connaît un regain d’intérêt à la Renaissance et surtout à la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle), période marquée par l’essor de l’architecture monumentale et bourgeoise.
À cette époque, le marbre devient un symbole de luxe et d’élégance, utilisé dans les hôtels particuliers, les grands magasins, les gares, et les monuments publics.
Le marbrier travaille le marbre, le granit, le calcaire et autres pierres nobles pour créer :
Des cheminées, escaliers, plans de travail, revêtements de sol
Des éléments décoratifs comme les pendules, colonnes, et sculptures
Il scie, polit, façonne et adapte les pierres selon leurs propriétés physiques
Industrie marbrière en France
Dans le Nord de la France et le Boulonnais, l’industrie marbrière connaît son apogée dans la seconde moitié du XIXe siècle.
Les marbres noirs et rouges du Nord sont très prisés, notamment pour les cheminées et les pendules exportées jusqu’aux États-Unis et dans les colonies britanniques.
La construction de la Colonne de la Grande Armée à Boulogne-sur-Mer stimule l’activité marbrière locale.
Le métier exige une grande précision, une connaissance fine des matériaux, et la maîtrise d’outils spécialisés comme les scies et meuleuses.
La transmission du savoir se fait souvent par compagnonnage ou via des écoles professionnelles.

Le marbrier et le cabaret : une alliance inattendue
À Paris, vers 1905, un marbrier réputé du quartier de Montmartre, spécialisé dans les décors luxueux, aurait été engagé pour rénover les colonnes et les comptoirs du célèbre cabaret Le Moulin Rouge. Jusque-là, rien d’extraordinaire… sauf que ce marbrier, nommé Émile G., aurait discrètement détourné plusieurs blocs de marbre commandés pour le cabaret afin de les installer dans sa propre demeure à Neuilly-sur-Seine notamment dans sa salle de bain, qu’il appelait fièrement « son temple romain ».
Le pot aux roses fut découvert lorsqu’un danseur glissa sur un socle mal fixé, révélant que le marbre utilisé n’était pas celui prévu dans les plans. Une enquête interne fut menée, et Émile fut contraint de restituer les blocs manquants… mais pas avant que les journaux satiriques de l’époque ne s’emparent de l’affaire, le surnommant « le marbrier mondain ».