MAQUILLEUSE



Le métier de maquilleuse à la Belle Époque en France : un art en pleine émergence
À la Belle Époque (environ 1870–1914), le maquillage commence à se démocratiser, mais le métier de maquilleuse professionnelle n’est pas encore pleinement reconnu comme aujourd’hui. Voici un aperçu de son évolution à cette époque fascinante :
La Belle Époque est marquée par un essor artistique, théâtral et mondain. Les femmes cherchent à incarner l’élégance et la modernité.
Le maquillage reste encore associé à des milieux spécifiques : théâtre, cabaret, aristocratie… mais commence à s’infiltrer dans la bourgeoisie.
Les premières maquilleuses professionnelles travaillent surtout dans les coulisses des théâtres et opéras.
Elles utilisent des produits artisanaux : poudres de riz, rouges à base de carmin, khôl… souvent fabriqués maison ou achetés chez des apothicaires.
Le maquillage scénique est exagéré pour être visible depuis la salle, avec des teints très pâles et des joues fortement fardée .
Produits et techniques
Le blanc de céruse (à base de plomb) est encore utilisé malgré sa toxicité, pour obtenir un teint très clair.
Le rouge est appliqué en abondance sur les joues et les lèvres, souvent avec des pinceaux ou les doigts.
Les "mouches" (petits morceaux de taffetas noir collés sur le visage) sont encore populaires, symbolisant des traits de caractère selon leur emplacement.
Le métier de maquilleuse commence à se structurer lentement, notamment grâce à l’essor des salons de beauté et des premières écoles d’esthétique.
Les parfumeurs et marchands de fard jouent un rôle dans la commercialisation des produits, mais les maquilleuses restent souvent autodidactes ou formées sur le tas .
À cette époque, certaines femmes appliquaient du jus de concombre ou du lait caillé pour éclaircir leur teint, et buvaient de la cervoise pour avoir bonne mine. L’art du maquillage était autant un rituel qu’un acte de coquetterie.

La maquilleuse des étoiles – Scandale au Moulin Rouge
À la fin des années 1890, une certaine Madeleine Vautrin, maquilleuse discrète mais indispensable, œuvrait dans l’ombre du célèbre Moulin Rouge. On disait d’elle qu’elle possédait "des doigts de fée et un œil de sorcière" : non seulement elle savait sublimer les artistes, mais elle devinait aussi leurs secrets les plus enfouis.
Un soir, alors qu'elle retouchait le maquillage de Lili de la Rose vedette adulée de la revue Madeleine découvrit, bien malgré elle, une lettre cachée dans le corset de la diva. La missive était en fait une preuve compromettante d’un scandale politique : Lili entretenait une liaison avec un député très conservateur, qui finançait en secret le cabaret pour y organiser des rendez-vous à l’abri des regards.
Madeleine, prise dans ce tourbillon entre glamour et danger, réussit à protéger son amie tout en vendant l’histoire, à peine modifiée, à un feuilletoniste en mal d'inspiration. Résultat ? Un succès littéraire dans le Petit Journal… et une reconversion pour la maquilleuse en consultante pour les romans à suspense.