LIFTIER


Le métier de liftier à la Belle Époque en France : un symbole de modernité et de service
À la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle), le métier de liftier ou garçon/fille d’ascenseur était bien plus qu’un simple opérateur de cabine. Il incarnait une époque où l’ascenseur était encore une nouveauté technologique, et où le service personnalisé était un marqueur de prestige.
L’ascenseur de passagers devient populaire après l’invention du frein de sécurité par Elisha Otis en 1857.
En France, l’ascenseur commence à équiper les grands hôtels, magasins de luxe et immeubles haussmanniens à partir des années 1880-1900.
L’automatisation n’existait pas encore
les ascenseurs étaient manuels ou semi-automatiques, nécessitant une personne pour les actionner et les arrêter à l’étage voulu
Rôle et image du liftier
Le liftier était souvent jeune, poli, bien habillé, parfois en uniforme, et chargé de :
Manœuvrer l’ascenseur avec précision
Accueillir les clients et les orienter
Offrir un service discret mais attentif
Dans les hôtels de luxe, il pouvait aussi être groom-bagagiste, combinant plusieurs fonctions de service.
Être liftier dans un établissement prestigieux était un poste valorisé, parfois vu comme une porte d’entrée vers d’autres métiers de l’hôtellerie.
Le métier était associé à une certaine élégance urbaine, reflet de la société de service naissante.
Après la Première Guerre mondiale, les ascenseurs deviennent automatiques.
Le métier disparaît progressivement, sauf dans certains palaces ou immeubles de grand standing, où il subsiste comme élément de tradition.

Le liftier et les secrets de l'étage interdit – Paris, 1910
Dans un grand hôtel parisien de la Belle Époque, Le Grand Monarque, travaillait Léon, liftier discret mais doté d’une mémoire photographique et d’un sens inné de la discrétion… sauf quand l’occasion devenait trop savoureuse.
Tous les jours, Léon faisait monter et descendre les élégantes dames, les messieurs pressés, les artistes en tournée ou les diplomates en costume trois pièces. Mais ce que les clients ignoraient, c’est que le septième étage ne figurait sur aucun bouton de l’ascenseur.
Un jour, une cantatrice russe un peu fantasque insiste pour aller au "septième ciel" allusion coquine ou erreur de traduction ? Léon, pris de curiosité, enfonce une petite clé cachée sous le panneau, et l’ascenseur s’arrête… à un étage qu’il n’avait jamais vu.
Ils découvrent une suite abandonnée, tapissée de velours fané et de portraits oubliés. La cantatrice, ravie, s’y installe quelques jours, prétendant qu’elle y trouve l’inspiration pour son prochain rôle. Les rumeurs enflent dans l’hôtel : certains parlent d’un ancien amour royal, d’un espion caché, ou d’une loge secrète des francs-maçons.
Léon devient le gardien officieux de l’étage mystère, et quelques habitués commencent à demander le “bouton invisible” pour des rendez-vous confidentiels ou des escapades discrètes. Il note dans un petit carnet les noms, les heures, et parfois… les confessions chuchotées dans l’ascenseur.
On dit qu’à sa mort, le carnet fut retrouvé dans la cage du monte-charge, et que plusieurs familles parisiennes découvrirent des secrets d’étage qu’elles auraient préféré ne jamais lire.