LAUZIER


Le métier de lauzier à la Belle Époque : entre tradition et patrimoine
Le métier de lauzier, artisan spécialisé dans la pose de lauzes (dalles de pierre utilisées pour les toitures), est un savoir-faire ancestral profondément enraciné dans les régions montagneuses de France, notamment en Auvergne, en Lozère, et dans les Cévennes. À la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle), ce métier était à la fois vital pour la préservation du bâti rural et emblématique d’un artisanat en pleine mutation.
Période de prospérité économique et d’effervescence culturelle en France (environ 1890–1914)
Forte valorisation du patrimoine architectural, notamment dans les campagnes
Développement des mouvements régionalistes et du goût pour l’authenticité
Le lauzier sélectionne, taille et pose les lauzes en les superposant avec précision pour assurer l’étanchéité des toitures
À cette époque, le métier reposait sur une expertise sensorielle : les artisans reconnaissaient la qualité d’une pierre à son son les bonnes lauzes résonnaient harmonieusement, les mauvaises sonnaient mat
Le travail du lauzier contribuait à la sauvegarde du bâti traditionnel, souvent en pierre sèche, typique des maisons rurales
Transmission et reconnaissance
Le savoir-faire se transmettait oralement et par l’observation, souvent au sein de familles d’artisans
À la Belle Époque, ce métier était encore peu mécanisé, ce qui renforçait son caractère artisanal
Aujourd’hui, il est reconnu comme patrimoine immatériel, notamment grâce à des initiatives comme le projet ESPHAISTOSS, qui étudie les gestes et sons du métier
Le métier de lauzier illustre la tension entre modernisation et préservation des traditions à la Belle Époque
Il incarne une forme de résistance à l’industrialisation, en valorisant le geste, le matériau naturel et le lien au territoire

La lauze envolée – Un scandale en Cévennes, 1903
Dans le petit hameau de Florac, vivait Marceau, un lauzier réputé pour ses toits impeccables… et son goût certain pour le jus de raisin fermenté. Un jour, alors qu’il travaillait sur le clocher de l’église, il fit une démonstration de “l’équilibre parfait” en marchant sur la poutre faîtière comme un funambule, sous le regard médusé de la boulangère venue livrer ses croissants.
Mais au moment de poser la dernière lauze, il se penche un peu trop, et la pierre – une énorme lauze de près de 30 kilos – glisse et file droit vers le sol, atterrissant avec un fracas… sur le char du maire venu inspecter les travaux. Le toit du char se fend, le cheval détale, et le maire tombe dans le ruisseau.
Marceau, dégrisé par le choc, descend dare-dare et s’écrie :
« Elle voulait juste prendre un peu d’élan, monsieur le maire… c’est une lauze ambitieuse ! »
L’affaire aurait pu tourner au drame, mais le maire, trempé mais hilare, décida de faire de Marceau le "lauzier officiel de la commune", à condition qu’il pose la dernière pierre sobre. Depuis, on parle dans la région de “la lauze volante” et les enfants du village la cherchent chaque été dans les contes de grand-mère.