LANTERNIER


Le métier de lanternier à la Belle Époque en France
Le lanternier était un artisan ou employé chargé de fabriquer, entretenir ou allumer les lanternes publiques, un rôle essentiel avant l’avènement généralisé de l’électricité. Voici un aperçu de ce métier à la Belle Époque (environ 1890–1914) :
À la Belle Époque, les villes françaises connaissaient une modernisation rapide, mais l’éclairage public reposait encore largement sur des lanternes à gaz ou à huile.
Le lanternier intervenait principalement dans les rues, les gares, les places publiques et parfois dans les bâtiments officiels.
Fabrication de lanternes : Utilisation de verre, métal et parfois de bois pour créer des lanternes décoratives ou fonctionnelles.
Allumage et extinction : Chaque soir, les lanterniers parcouraient les rues pour allumer les lanternes, puis les éteignaient à l’aube.
Entretien : Nettoyage des vitres, remplacement des mèches ou du gaz, vérification des mécanismes.
Évolution du métier
Avec l’arrivée de l’électricité (notamment après l’Exposition universelle de 1900), le métier de lanternier a commencé à décliner.
Il s’est transformé en métiers liés à l’électricité : électricien, technicien d’éclairage urbain.
Le métier était surtout présent dans les grandes villes comme Paris, Lyon ou Marseille, mais aussi dans les bourgs où l’éclairage public était rudimentaire.
Une carte interactive montre que le métier était très répandu entre 1800 et 1950, avec une forte concentration avant 1900.
Le terme "lanternier" a aussi donné naissance à des noms de famille.
Aujourd’hui, ce métier est étudié dans le cadre de la généalogie et de l’histoire des métiers anciens.

Le lanternier fantôme de Lyon – 1902
Dans les traboules du Vieux Lyon, un homme mystérieux nommé Baptiste, lanternier de son état, avait la réputation de faire "chanter les lanternes". Tous les soirs, après avoir nettoyé et ravivé les flammes, il jouait discrètement de la flûte dans les ruelles, croyant que cela rendait la lumière plus "vivante". Les habitants disaient qu’une mélodie bien jouée faisait danser les reflets sur les pavés et adoucissait les ombres.
Un soir d'hiver, une bourgeoisie locale se plaint d’entendre des "airs de sorcellerie" sous sa fenêtre, associés à des lanternes étrangement brillantes. Baptiste est convoqué par le commissaire, mais il nie tout. Or, dans les jours qui suivent, chaque lanterne du quartier s’orne mystérieusement d’un petit nœud rouge, comme une signature.
La rumeur enfle : certains disent qu’un amoureux secret envoie ainsi un message, d’autres parlent d’un esprit bienveillant. Il faudra attendre 1920 pour qu’un vieil homme révèle dans ses mémoires qu’il était ce lanternier flûtiste, et que les nœuds rouges marquaient les endroits où il avait surpris des couples s’embrasser sous les lanternes. Une sorte de carte secrète des baisers nocturnes.