JOCKEY


À la Belle Époque, le métier de jockey en France s’est affirmé comme une profession à la fois prestigieuse et exigeante, au cœur du développement du sport hippique.
Essor des courses hippiques : Dès le XIXe siècle, les courses de chevaux deviennent populaires en France, notamment avec la création du Jockey-Club en 1833, qui marque le début d’un sport hippique réglementé.
Influence anglaise : Le modèle britannique inspire fortement les courses françaises, avec l’importation de pur-sang et l’ouverture du stud-book français pour enregistrer les lignées.
Un apprentissage précoce : Les jockeys commencent très jeunes, souvent dans des écuries ou des haras, où ils apprennent à monter, à comprendre les chevaux et à développer leur technique.
Exigences physiques et mentales : Être jockey demande une condition physique exceptionnelle (petite taille, poids léger), une grande finesse dans le pilotage du cheval, et une capacité à élaborer des stratégies pendant la course.
Statut précaire
Malgré la gloire possible, la carrière est instable. Les blessures sont fréquentes, et peu de protections sociales existent à l’époque. Ce manque de sécurité mènera plus tard à la création de l’Association des Jockeys en 1929L’image du jockey à la Belle Époque
Figure élégante et admirée
: Dans les cercles mondains, le jockey est vu comme un sportif d’élite, souvent associé à des propriétaires fortunés et à des événements prestigieux comme ceux de Longchamp ou Chantilly.
Mais réalité contrastée : Derrière le faste, beaucoup de jockeys vivent dans la précarité, avec des carrières courtes et peu de reconnaissance en dehors des victoires.

Le jockey américain qui fit scandale à Longchamp
En 1909, un jeune jockey américain du nom de Frank O’Neill débarque en France, fuyant les lois anti-paris aux États-Unis. Avec son style de monte “accroupi”, très différent de celui des jockeys français, il fait sensation… et des jaloux. Lors du Prix de l’Arc de Triomphe de 1923, il remporte la course sur le cheval Parth, entraîné par un Anglais et appartenant à un riche Américain. Un trio étranger qui triomphe sur le sol français ? Sacrilège !
Mais ce n’est pas tout : la rumeur court qu’O’Neill aurait reçu des “instructions secrètes” de son propriétaire pour ralentir dans une course précédente, afin de faire grimper les cotes au pari mutuel. Aucun fait n’a été prouvé, mais les journaux s’en sont donnés à cœur joie, et les salons parisiens ont adoré le scandale.
“Ce petit yankee monte comme un singe, mais il vole comme un aigle !”
Son style révolutionnaire a fini par influencer les jockeys français eux-mêmes, qui ont adopté la posture “à l’américaine” pour gagner en vitesse et en équilibre.