HUILIER




À la Belle Époque, le métier d’huilier en France était bien plus qu’un simple commerce : c’était une activité artisanale essentielle à la vie quotidienne, à la gastronomie, et à l’industrie.
Fabrication et vente d’huiles : L’huilier produisait ou revendait des huiles végétales (olive, noix, colza, lin) utilisées pour la cuisine, l’éclairage, les soins corporels et parfois les usages industriels.
Artisanat local : Dans les régions comme la Provence ou le Languedoc, les huiliers travaillaient souvent dans des moulins à huile traditionnels, utilisant des meules en pierre et des presses mécaniques.
Commerce de proximité : En ville, l’huilier tenait boutique, vendant des huiles en vrac, souvent dans des flacons en verre ou des bidons métalliques. Il pouvait aussi proposer des vinaigres, savons ou condiments.
La Belle Époque (1870–1914) était une période de prospérité, d’urbanisation et de raffinement culinaire. L’huile d’olive, en particulier, gagnait en popularité dans les classes bourgeoises.
Émergence de marques : Certaines huileries ont commencé à se structurer en entreprises, avec des marques déposées, des étiquettes illustrées et des campagnes publicitaires dans les journaux.
Concurrence industrielle : L’arrivée des huiles raffinées produites à grande échelle a peu à peu transformé le métier, poussant les petits huiliers à se spécialiser ou à disparaître.
Anecdotes et traditions
Dans certaines régions, les moulins à huile étaient des lieux de sociabilité où les paysans apportaient leurs olives pour les faire presser, souvent en échange d’une partie de la production.
Le métier d’huilier était parfois transmis de génération en génération, avec un savoir-faire très localisé et des recettes de mélanges d’huiles tenues secrètes.

À la Belle Époque, les huiliers parisiens jouissaient d’un rôle essentiel : ils pressaient les graines apportées par les bourgeois pour produire des huiles précieuses comme celles de noix, pavot ou chenevis. Mais derrière cette noble activité se cachait parfois… un petit commerce bien moins reluisant.
Dans les années 1890, un huilier du quartier des Halles fut surpris en train de revendre des huiles achetées en douce au marché, alors que les statuts interdisaient formellement cette pratique. Pire encore, il mélangeait des huiles de mauvaise qualité avec celles de première pression, trompant ainsi les clients les plus exigeants notamment les pâtissiers et les pharmaciens, grands amateurs d’huile pure.
ߔ L’affaire fit grand bruit dans les cercles bourgeois, car l’huile était alors considérée comme un produit de luxe, presque médicinal. Le contrevenant fut dénoncé par un contrôleur juré, l’un des trois inspecteurs chargés de vérifier la qualité des huiles et des graines. Résultat : amende salée, réputation ruinée, et une leçon bien apprise sur l’importance de la transparence… même dans les affaires les plus huileuses.